Dis-moi que c’est réel

Couverture "Dis-moi que c'est réel"

T.J. Klune, « Dis-moi que c’est réel »

Titre : Dis-moi que c’est réel (Au premier regard, tome 1)
Auteur : T.J. Klune
Publié par : MxM Bookmark
Publié le : 28 juin 2017
Genre(s): Romance, humour
Pages : 500
Lu par : Dieter et Seb
Sensualité : 3 flammes sur 5
Note : 4 étoiles sur 5

Synopsis

Est-ce que vous croyez au coup de foudre ?

Ce n’est pas le cas de Paul Auster. Paul ne croit pas à grand-chose du tout. Il a trente ans, quelques kilos en trop, et ses meilleures qualités sont son esprit acerbe et les commentaires hauts en couleur qu’il distribue pendant que sa vie se déroule devant ses yeux. Ses amis les plus proches sont un chien à deux pattes nommé Roulettes et une drag queen quasiment bipolaire nommée Helena Handbasket. À cause d’un travail sans avenir, il bosse dans un box qui vide lentement son âme, et si le perroquet homophobe de sa grand-mère l’insulte encore une fois, Paul va lui tordre le cou.

Débarque alors Vince Taylor.

Vince est tout ce que Paul n’est pas : sexy, confiant en lui, et pas vraiment une lumière. Et pour une raison quelconque, Vince drague Paul sans relâche. Vince doit se ficher de lui, parce qu’il n’y a pas moyen que Vince veuille quelqu’un comme Paul.

Mais quand Paul renverse Vince avec sa voiture – de façon complètement involontaire style s’il-meurt-ce-ne-serait-pas-un-homicide – il est forcé de voir Vince sous un nouveau jour. La seule chose qui empêche Paul de croire en Vince, c’est lui-même – et c’est un obstacle que Paul ne semble pas tout à fait capable de surmonter. Mais quand la tragédie frappe la famille de Vince, Paul doit mettre de côté toutes les notions le concernant et se tenir au côté de l’homme qui pense qu’il est parfait comme il est.

Paul Auster est un drôle de personnage (et souvent, un personnage drôle). Trentenaire complexé, il vit à Tucson dans l’Arizona avec son chien handicapé et travaille pour une assurance. Il se trouve trop gros, trop gras, pas très attractif, pas spécial pour un centime, même si son entourage lui soutient le contraire. Un soir, il aperçoit un mec sublime dans le bar où son meilleur ami Sandy se produit comme drag queen sous le pseudonyme Helena Handbasket. Bien sûr, il pense tout de suite que ce type avec son visage et son corps de rêve n’est pas pour lui. Or, bizarrement, ledit type le remarque (bon, Paul lui crache dessus sans le vouloir, alors pas étonnant qu’il se fasse remarquer) et semble intrigué. Le Destin doit avoir un sens de l’humour étrange car ce même type se pointe peu après dans l’entreprise où travaillent Paul et Sandy et se révèle être leur nouveau collègue. Dès ce premier jour, il fait du rentre-dedans moyennement subtil à Paul, qui le soupçonne de se moquer de lui.

Mais quand, un matin, Paul renverse ce bellâtre – il s’appelle Vince – avec sa voiture, ce dernier réussit enfin à le convaincre de lui consentir en rencart. De fil en aiguille, les deux se fréquentent en-dehors du boulot, et au bout de quelques jours, le verdict est clair : ils sont en train de tomber amoureux l’un de l’autre. Mais chassez le naturel, il revient au galop. Paul n’arrive pas à comprendre comment un mec aussi bien foutu puisse s’éprendre de lui. Certes, Vince n’est pas vraiment une flèche alors que Paul a sûrement oublié d’être bête, mais dans le milieu homo, n’est-ce pas toujours le physique qui prime sur les autres qualités humaines ? Puis, par hasard, Paul apprend plus sur le passé de Vince, et il se pose encore plus de questions. Leur toute jeune relation semble quand même vouée à l’échec…

Ceci n’est pas le premier livre de T.J. Klune que nous ayons lu (il en a écrit une tripotée), et pour ce qui est de ses livres à veine plutôt humoristique, nous ne sommes pas à notre coup d’essai de lecture non plus (la série Verania en VO – mon Dieu, à se faire littéralement pipi dessus de rire ; elle sera bientôt traitée sur ce site, d’ailleurs). Nous avouons que nous avons eu plus de mal à rentrer dans celui-ci, cependant. L’intrigue, bon, elle vaut ce qu’elle vaut. Le constat initial – t’es gros, t’es pas une bombe, alors t’es mort pour le milieu homo – est juste et bien vu, si l’on veut généraliser. Mais au début, Paul avec ses sempiternelles tergiversations et sa façon souvent par-dessus la jambe avait de quoi agacer. D’accord, on peut être complexé, mais il en faisait quand même un peu trop. Puis, on s’est accroché, on a persévéré, et au final, quand le livre (et les caractères aussi) devient (deviennent) plus profond(s), quand le livre verse davantage dans l’émotion, il nous a conquis malgré tout.

OK, Paul est vraiment un spécimen unique. Il cogite, souvent bien trop, inventant toujours des scénarios catastrophe assez hilarants. Quand il ouvre la bouche, il n’a aucun filtre et dit toujours ce qui lui passe par la tête. Donc, plus d’une fois, des conneries plus grosses que lui (et on glousse encore pas mal devant l’incongruité des dialogues et des situations). Il est, hélas, assez misogyne et fait une fixette sur les vagins et les ragnagna, alors comme personnage principal probablement pas une grande réussite auprès d’un lectorat féministe ou anti-sexiste (et pour nous, ça vaut au livre un point en moins). Puis, il est maladroit, mais à un point où l’on se pose la question comment c’est possible (et toc, ça crée encore l’occasion de se marrer). Mais, franchement, une fois que l’on accepte ses marottes et sa langue acerbe, on rigole beaucoup. Surtout que Klune a eu la bonne idée de lui adjoindre des personnages secondaires d’un calibre très, très spécial aussi. Ils valent tous leur pesant de cacahuètes, à commencer par Sandy/Helena Handbasket en passant par les parents et la grand-mère jusqu’aux animaux domestiques (son chien Wheels et le perroquet homophobe de sa mémé – impayables).

Donc, au risque de se répéter, nous avons ri, beaucoup ri. Mais pas seulement. Car Vince, l’objet de désir de Paul, est super-attachant comme mec. Il persévère, il insiste, il veut Paul, et rien ni personne ne le dévie de sa trajectoire. Pourtant, il a un passé pas très rose (négligé par ses parents, puis rejeté quand il a révélé son homosexualité), et son présent n’est pas en reste (sa mère est en train de mourir d’un cancer). Grandes émotions garanties, les amis ! En résumé, si vous pouvez passer outre quelques saillies on a envie de dire gratuites sur les femmes et les vagins, nous sommes sûrs que vous allez beaucoup aimer ce livre.

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Exemplaire lu

Nous avons acheté un exemplaire de Dis-moi que c’est réel.

Intrigue
Attirance mutuelle
Rythme
Écriture
Fin
TOTAL
Un livre à cinq étoiles, mais nous lui retirons une étoile pour la misogynie rampante du personnage principale, donc: 4 étoiles.

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