Kinnaras (de ParisDude)

Synopsis

Deux âmes et deux corps qui s’aiment sont condamnés par le dieu de l’amour à se retrouver encore et toujours sous peine d’être séparés à tout jamais… Croyez-vous en l’amour, celui qui ne connaît pas l’impact du temps et des époques, celui qui demeure même après l’éternité ?

Notre avis

C’est en novembre dernier que l’auteur (auquel je pense devoir concéder le « e » finale que j’ajoute toujours pour les écrivaines, mais dans le doute, je reste sur le masculin…) nous a contactés sur Facebook pour nous parler de son livre, dont la parution était alors imminente. Celle-ci est maintenant loin derrière nous, mais je constate avec bonheur que je n’ai pas autant de retard que je ne craignais… Enfin, tout est relatif, et le pauvre auteur doit déjà être dans tous ses états à l’heure où je rédige cette chronique, si le GIF animé dont il avait orné son dernier message était révélateur : un Sheldon Cooper de The Big Bang Theory respirant dans un sac en papier. Un signe que j’ai vraiment trouvé mignon (surtout que moi aussi, je connais ce petit moment de panique lorsque je distribue un de mes romans en vue d’une critique).

Alors, cher Sunako Yamato, je vais tâcher d’abréger vos souffrances. Comme ce GIF animé, le roman Kinnaras est très mignon, lui aussi. D’accord, le début m’a quelque peu interloqué, car dans le chapitre introductoire, l’un des deux protagonistes principaux n’avait pas de nom, du début à la fin (ou presque), tandis que l’autre était clairement nommé. D’où beaucoup de « il » à la chaîne sans que je sache avec précision duquel des deux il était réellement question. Pour faciliter la compréhension de ma chronique, je vais donc citer tout de suite les deux noms, Mani et Théo. Bon, Mani et Théo sont deux anges (je suppose), et on les découvre lors de leur… euh, création ? Éclosion ? Naissance ? Aidez-moi, comment apparaissent les anges ? Ou plutôt, quel serait le terme approprié ? Enfin, ici, plouf, ils semblent juste se réveiller d’un état d’« existence en somnolence », et ils se rassemblent autour de leur créateur, qui leur explique qu’ils sont soit Kinnari (féminine) ou Kinnara (masculin). Eh oui, dans ce livre, les anges ont un sexe 🙂 Leur mission est d’être envoyés sur terre pour enseigner l’amour aux humains. Pour ce faire, ils doivent d’abord savoir eux-mêmes ce qu’est l’amour et donc trouver leur partenaire attitré.e sans pour autant avoir de relation sexuelle avec lui ou elle.

Mani et Théo, qui se retrouvent côte à côte par le plus pur des hasards, trouvent ça idiot (comment je les comprends !) ; ils s’éloignent donc des autres et passent du temps ensemble à se parler innocemment pendant que leurs congénères essaient de former des couples. Les deux finissent néanmoins par s’embrasser, puis par braver l’interdit et faire crac-crac. Et Boum ! l’évidence – en l’autre, ils ont chacun trouvé cette âme sœur à laquelle ils ne croyaient pas et qu’ils ne voulaient même pas chercher. Sauf que leur Créateur voit cette évolution d’un très mauvais œil. Dans son projet initial, ça devait être Kinnari + Kinnara = couple, et non pas Kinnara + Kinnara. En plus, ces deux-là ont « fait l’acte ». Pas très sages, pas obéissants pour un centime, nos deux compères (une fois de plus, je les comprends – j’aurais été Ève, j’aurais croqué dans la pomme moi aussi, non mais !). Du coup, ils sont punis. Ils seront envoyés séparément sur terre sept fois, ils se retrouveront sept fois, et si, ces sept fois-là, ils se reconnaissent et retombent amoureux l’un de l’autre, ce sera la délivrance, et ils auront le droit d’être ensemble pour l’éternité. Au cas où ils se louperaient ne serait-ce qu’une seule fois, c’en sera fini de leur amour-pour-toujours… Ah, ces Créateurs mesquins à l’esprit étriqué (n’en parlons même pas de leur homophobie flagrante) ! Ça vous donnerait envie de devenir athée, franchement (bon, pour ma part, c’est fait depuis belle lurette) !

S’ensuivent, comme je m’y attendais après cette intro, sept chapitres avec sept histoires différentes ; sept rencontres, sept fois deux garçons qui découvrent les sentiments qui les lient, sept fins… heureuses ? Je ne vous dirai pas car je préfère vous laisser la liberté de découvrir par vous-même.

On pourrait trouver beaucoup de choses à reprocher à ce premier roman car c’en est un, si j’ai bien compris. Un fil rouge attendu, sans réelles surprises en ce qui concerne les intrigues. Des obstacles tout aussi attendus. Un style parfois peu recherché, des histoires parfois pas assez approfondies, beaucoup de bons sentiments. Mais. Les bons sentiments égalent parfois les beaux sentiments. Les histoires attendues se révèlent parfois des plus mignonnes. Certes, si vous détestez toute guimauverie, ne lisez pas ce roman. Si, en revanche, vous avez un côté fleur bleue aussi prononcée que moi, si vous adorez lire, à la fin d’un film, Happy End, comme moi, ce livre-parabole est pile pour vous. C’est charmant de découvrir Mani et Théo en différentes incarnations, leurs luttes, leurs émotions, leurs premiers baisers, leurs premiers ébats… Ça pourrait devenir lassant à la troisième histoire, mais l’auteur sait innover, sait trouver de nouvelles approches pour raconter cette ronde éternelle d’une façon différente.

Bon, il y a quand même pas mal de fautes, je dois le signaler (je rêve d’un jour où les maisons d’édition se mettent à nouveau à faire leur boulot correctement) : les sempiternels « c’est » versus « s’est » et « quoique » versus« quoi que » plus une maîtrise approximative du passé simple par endroits. Mais dans l’ensemble, j’ai aimé être plongé dans différents univers, j’ai adoré la préférence affichée de l’auteur pour l’Asie. J’ai cru comprendre qu’il était fan de séries BL asiatiques (BL, pour celles et ceux qui l’ignorent, signifiant « Boy’s Love » ou amour entre garçons, un genre télévisé très en vogue dans ces contrées-là et qui a aussi su trouver un public enthousiaste en Occident, dont ma meilleure moitié), et ça se sent dans certaines sous-intrigues. Peut-être que le côté mignon vient aussi de là, d’ailleurs. Quoi qu’il en soit, sans être soufflé complètement, j’ai passé un excellent moment. Peut-être que l’auteur montrera plus d’audace, plus de liberté dans son prochain opus ? J’espère, en tout cas, que prochain opus il y aura.

Infos

Auteur : Sunako Yamato
Titre : 
Kinnaras
Publié par :
Le Lys Bleu Éditions
Publié le : 
15 décembre 2021
Genre(s) : 
Romance, Boy’s Love
Pages : 
224
Disponible en : Ebook & broché
Lu par : 
ParisDude
Sensualité : 1 flammes sur 5

Note

4 étoiles sur 5

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