Sortie imminente: « Frédéric – Instants de grâce »

Synopsis

Est-ce le hasard qui a décidé que se rencontrent Frédéric le musicien et François l’auteur ? Ils passent à tour de rôle à la radio en direct, non sans une appréhension qui fait naître en eux une empathie réciproque. Ce rapprochement sera suivi d’un tête-à-tête au restaurant. Frédéric irradie un charme tout de réserve et de discrète féminité qui suscite en François une attirance immédiate.

Les liens très forts qu’ils tissent côte à côte seront ponctués d’élans et de retenues. Pourquoi ? Quel traumatisme lié à l’adolescence de Frédéric le perturbe aussi douloureusement ? Qu’est-il arrivé à François dans sa petite enfance dont les souvenirs lui reviennent en filigrane ?

Chaviré entre les instants de grâce et les moments de désespoir destructeur de Frédéric, François note dans un carnet ce qui désormais conduit le fil de ses jours. Leur relation empreinte d’une sensualité fine très présente touche notre sensibilité et invite à l’émotion. L’écriture délicate, subtile, nous fait vivre de l’intérieur leurs ressentis, ce qui confère à ce récit toute sa singularité.

Infos

Auteur : Dominique Faure
Titre :
Frédéric – Instants de grâce
Publié par :
Editions Ex Aequo, collection Vibrato
Publié le : Novembre 2021
Genre : Romance
Pages : 356
Disponible en : Ebook & Broché & audiobook (lu par l’auteur)

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  • Chez l’éditeur
  • Sur Amazon
  • À la Fnac (le lien sera ajouté ultérieurement)
  • Les Mots à la bouche (le lien sera ajouté ultérieurement)

L’auteur

Dominique Faure aime porter un prénom qui mêle les genres.

Un Doctorat-ès-lettres témoigne de son goût pour l’écriture.

L’enregistrement de sa voix, prêtée à ses personnages (audiobooks), la musique, le pastel animalier et la création de logiciels pédagogiques non scolaires contribuent à embellir sa vie.

En exclusivité, un extrait

Rencontre

Pris dans un embouteillage dû aux grèves de transports, je suis contraint de quitter le taxi pour finir à la course la distance qui me sépare du studio de Radio 13 — Culture.

Assez essoufflé, j’entre dans la pièce attenante au studio d’enregistrement où je suis reçu par le programmateur. Il me remercie de m’être rendu disponible dans la demi-heure. Les grèves qui durent depuis début décembre ont immobilisé plusieurs invités de l’émission aux quatre coins de la France. Sur la liste des remplaçants potentiels, il m’a cueilli en huitième position après avoir craint de ne trouver personne. De sorte, il se montre très aimable. De mon côté, je suis flatté d’avoir été sollicité. Il me dit avoir intercalé deux autres intervenants avant moi. Je passe dans quinze minutes, juste après le compositeur de la musique du dernier film de Daniel Brant, seul membre de l’équipe à être arrivé à temps pour en faire la promotion. Je m’enquiers :

— Le compositeur… vous parlez de Frédéric Melcour ?

— C’est ça. Vous le connaissez ?

— Non, mais je l’ai vu en concert et je serais heureux de le rencontrer.

— Ça tombe bien. Il est juste derrière vous !

Je me retourne aussitôt. Il est tout près de moi en effet, un demi-sourire intrigué aux lèvres. Il me semble plus frêle que lorsque je l’avais vu, du fond de la salle, à demi dissimulé par le piano et les quatre autres musiciens du quintette. Sa main, que je serre dans la mienne, est fine et fraîche. Nous nous sourions. Il me confie qu’il passe dans quelques minutes et qu’il n’est pas trop à l’aise dans ce rôle qui le place sur le devant de la scène. Je lui avoue à mon tour que, demandé au dernier moment pour cause de désistement, je m’inquiète aussi, car je ne connais pas les questions qu’on va me poser. L’animateur non plus sans doute. Il n’a rien pu préparer.

Nous entendons vaguement l’interview d’un couturier, peut-être appelé comme moi en dépannage, et que nous apercevons derrière la vitre du studio. C’est du direct. Il ne s’agit pas de bafouiller. Le couturier s’en tire bien. Récemment, j’ai vu la bande-annonce du film dont va parler Frédéric Melcour et la musique m’a saisi d’émotion. Je le dis au compositeur que mon avis semble rasséréner. C’est maintenant à lui. Je lui assure avec un sourire encourageant que tout va très bien se passer. On lui ouvre la porte. J’attends. Je demande si on peut avoir le son du studio plus fort dans la pièce. On peut. J’irai voir ce film. Évasion, un titre prometteur… Les trois précédents films de Daniel Brant m’avaient beaucoup plu. Et la musique, également composée par Frédéric Melcour, aussi.

Le programmateur interrompt un instant mon écoute pour me demander si, pour mon actualité, je compte parler de mon récent logiciel pédagogique qui, à partir d’une pièce de théâtre à sketch, mêle plusieurs matières et qui rencontre un certain succès dans les collèges depuis la rentrée. Je peux aussi choisir d’évoquer un recueil de récits sur la différence, à destination d’un public d’adolescents, qui a la particularité d’insérer dans sa couverture l’audio du texte qu’intégralement je lis. J’opte pour le logiciel.

Frédéric Melcour sort du studio. Il m’interroge du regard comme il le ferait envers une personne de confiance. « Vous avez été parfait ! ». Et j’entre à mon tour, dans un flot de musique qui fait la transition.

L’animateur et moi nous débrouillons pas mal de cette situation délicate. Il ne connaît ni mes travaux pédagogiques ni mes récits. Je parle. Il acquiesce, dans un duo improvisé, qui fait sourire les gens de la régie !

En sortant du studio, je vois Frédéric Melcour, toujours dans la salle d’attente, qui a écouté l’entretien. Il me félicite. Je suis surpris et ravi qu’il soit resté. Je suppose pour moi ? Dans un élan qui ne me ressemble pas, je lui dis que j’aimerais poursuivre notre conversation. Il est plus ou moins l’heure de dîner, pourrais-je le convier dans un restaurant près de là… Son « oui » souriant, presque chuchoté, me fait un très grand plaisir.

Je n’en reviens pas d’être attablé devant vous, dans ce restaurant tout près du studio de Radio 13 où nous venons de nous rencontrer. Vos longues mains semblent soupeser la carte que vous considérez avec attention. Et moi, c’est vous que je considère, de toute mon attention. Les traits de votre visage, réguliers, sont d’une finesse rare, comme toute votre personne. Votre silhouette, au pas léger, aérien, que je voyais marcher près de moi, est presque celle d’un adolescent, que vous n’êtes plus depuis longtemps. On vous donne à peine vingt-six ou vingt-sept ans. Vous me dites avec regret que vous avez quelques années de plus, qui ne se devinent pas. Nous sommes donc à peu près du même âge.

Il n’est pas facile de vous faire parler de vous. Sans doute m’avez-vous entendu dire au programmateur que je vous avais vu en concert. Pour vous y amener, je vous en explique les circonstances. J’avais été convié par une amie, Sophie, dans une salle de l’hôtel de ville, à une répétition générale des musiciens, prélude à une tournée dans les pays francophones voisins, devant un petit comité d’une cinquantaine de personnes. Vous l’avez deviné, j’aime la musique. Parmi les arts, rien ne me transporte plus que la musique, presque toutes les musiques ! De la grande musique, comme on dit, jusqu’à la plus petite, qui n’est à mes yeux pas si petite que ça. Les chansons, les airs célèbres de tango, la musique tzigane, le jazz des années 30… bien que chez moi, j’écoute surtout du classique.

Sophie insistait, car j’hésitais devant sa proposition. J’étais trop casanier, affirmait-elle, il fallait vraiment que je sorte un peu de mes quatre murs. Elle n’avait pas tort et, en l’occurrence, elle avait même tout à fait raison ! Je l’ai rejointe au concert. J’étais tenté par le quintette de Schumann, le merveilleux lied de Schubert Ständchen, et la sonate pour piano et violon de Debussy… Dans ce programme, il y avait aussi, avant l’entracte, une sonate pour piano seul de Beethoven que j’aimais particulièrement : La Tempête. Tout pour me plaire en somme.

À l’entrée des musiciens pour le quintette qui ouvrait le concert, vous êtes arrivé en dernier, comme une ombre dans le coin gauche de la scène et vous vous êtes vite glissé derrière votre gigantesque instrument. On ne distinguait, au mieux, que votre profil, et lorsque vous êtes venu saluer avec les autres interprètes, vous vous effaciez derrière vos partenaires… Et dans la sonate « La Tempête », où vous avez conservé de bout en bout un jeu sobre, sans mine inspirée ou effet de manche, il était surprenant de voir, pour une personne d’apparence si frêle, vos mains marteler les touches dans la frénésie du troisième mouvement. Fragilité, et force inouïe aussi.

À la fin du concert, Sophie m’a incité à aller avec elle féliciter les musiciens. J’avais envie de vous voir de plus près, mais je craignais de dire des banalités, de celles que les artistes ont déjà entendues mille fois. Sophie connaissait deux des interprètes, pas vous personnellement. Elle savait seulement que vous étiez très réservé. Je l’étais aussi. Je ne l’ai pas suivie. J’aurais aimé que vous jouiez davantage en solo.

Vous m’expliquez alors que vous ne vous exposez pas volontiers. Vous préférez être entouré d’autres artistes. Ou bien alors en petit comité, pour des amis. Je vous écoute me dire simplement vos craintes, vos préférences, et je vous regarde, de toute mon attention. Vos mains aux ongles soignés s’envolent en appuyant vos dires, expressives puis vite retenues, au-delà des manches un peu longues de votre pull de maille fine que vous portez à même la peau. Ajusté à votre corps, d’un bleu qui tire sur le violet, il fait écho à la couleur de vos yeux. J’ai toujours été attiré par les gens très minces, diaphanes, évanescents presque et de ce fait gracieux. J’en ai connu peu, et jamais ces personnes, des femmes surtout, ne m’ont été vraiment proches.

Votre visage est encadré de cheveux fins, d’un blond doré, dans lesquels des mèches plus claires ondoient au gré des mouvements de votre tête. Le dégradé de la coupe dégage et souligne la ligne droite et longue de votre nuque. Sur le haut de votre mâchoire, un discret duvet blond laisse à penser que vos joues n’ont jamais connu le rasoir. Nulle pomme d’Adam ne vient interrompre le tracé gracile de votre cou.

Pendant le repas, vos yeux baissés sur votre plat laissent paraître une frange fournie de cils châtains. Vos lèvres, bien dessinées, s’allongent parfois, un peu timidement, en des sourires de bien-être. Vous aimez, me dites-vous, déguster de bonnes choses. Vous avez hésité entre la sole meunière et les coquilles Saint-Jacques. J’en ai pris note. Vos sourcils, légèrement arqués, mobiles et éloquents, viennent parfois animer la sobriété de votre visage. De temps à autre, un geste rapide de vos doigts rectifie une mèche égarée sur votre front.

Je sens mes pensées commencer à divaguer. Combien de personnes, tout genre confondu, ont dû éprouver l’envie de vous serrer contre elles ? Vous êtes-vous laissé faire ? Je ne vous imagine guère dans les bras d’une femme. Avec un homme ? Peut-être…

Si vous vous livrez peu, en revanche vous vous exprimez aisément, avec le souci du mot juste, quitte à plisser les yeux dans un instant de réflexion. Votre voix est douce, plutôt haute, assez peu modulante sans être monotone et, de ce fait, agréable. Les gestes qui l’accompagnent sont mesurés tout en étant gracieux, aucunement maniérés. Vous êtes un homme… féminin, dont l’alliance des deux genres semble très naturelle. Je me rends compte que j’y suis sensible, très sensible.

Plusieurs taxis stationnent non loin du restaurant. Nous avons échangé nos numéros de téléphone. Je vous sais très occupé par votre travail qui exige de vous des déplacements en province pour la sortie du film. Je ne vous dérangerai donc pas par mes appels. Je sais, d’après mes amis, bien cuisiner les soles… meunières. J’aimerais vous inviter à en manger chez moi, à l’occasion, quand vous pourrez, si vous voulez. Vous m’assurez que oui, vous viendrez. Vous ne savez pas quand bien sûr. Mais vous m’appellerez. Vous montez dans votre taxi et moi dans le mien qui vont nous mener aux deux extrémités de Paris où chacun nous résidons, à l’opposé l’un de l’autre.

Cet extrait sera bientôt aussi disponible sur le site de l’éditeur!

Annonce

L’auteur va nous fournir un exemplaire gratuit de Frédéric – Instants de grâce pour que nous puissions vous en livrer une critique honnête et sincère. Retrouvez-la donc bientôt sur ce site!

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