Un an à travers moi (de ParisDude)

Synopsis

Je cherchais un moyen de partager avec vous une période cruciale de ma vie. J’aurais pu commencer par le début, naissance, enfance et le reste dans le bon ordre. Mais j’ai préféré la résumer en une année, une seule, la pire de toutes, et pourtant la plus importante. J’y ai vécu et malheureusement revécu le pire mais cela m’a permis de grandir, de me délester de tous les poids qui m’écrasaient et de pouvoir devenir moi-même, de vivre enfin pleinement. A travers cette parenthèse de vie, le burn-out, la reconstruction, j’ai eu envie de faire de vous un témoin, un confident, l’oreille à qui je peux conter mes galères, mes joies, mes folies. Je vais tout dire, tout dans le moindre détail, des passages sombres aux délires sexuels, sans rien vous cacher, dans la vérité la plus crue qui soit, la plus honnête. Comme dans un journal intime, tournez les pages à votre rythme, le temps de me comprendre et, peut-être, de voir dans mes lignes un peu de vous et pas uniquement un défouloir, le simple exposé de l’expérience d’un homme.

Notre avis

Aujourd’hui, je vous présente… un récit autobiographique. Eh oui, me direz-vous, je semble m’être abonné, depuis peu, aux biographies et autobiographies. Alors, avant de parler de ce livre, permettez-moi de vous causer « boutique ». En fait, je lis les ouvrages que je présente sur ce site dans leur ordre d’arrivée (j’en profite pour demander à nouveau pardon auprès des maisons d’édition et des auteur.es pour le retard monstre que j’ai accumulé depuis un moment), et c’est cet ordre d’arrivée qui fait que, par le plus pur des hasards, je parle de trois récits basés sur de personnages réels à la suite.

D’emblée, je dois avouer que ce livre-ci, quand j’ai commencé sa lecture, ne m’a pas franchement inspiré. Non que l’entrée en matière eût été trop brutale et trop sombre – je souligne que brutale et sombre, elle l’est, mais je ne suis pas si facile à ébranler, quand même. Je ne saurais vous dire, après coup, ce que c’était réellement qui m’a fait redouter la lecture, pour être honnête. Le ton de la narration ? Le fait qu’une fois de plus, forme du récit oblige, on est davantage dans le « raconter » que dans le « montrer » ? Peu importe, mes débuts furent donc quelque peu difficiles et poussifs. Puis, de fil en aiguille, je me suis pris au jeu, si j’ose dire. Ou plutôt, Philippe Kolb m’a pris dans ses filets de narrateur telle la truite qui ne se doute de rien, et avant que je ne puisse me raviser ou protester, j’avais terminé l’opus. Très bon point, malgré le sujet peu divertissant, dans le sens léger et innocent – j’ai tourné les pages avec quelque chose comme de la fébrilité.

Alors, le sujet, le contenu, donc. C’est l’histoire d’un prof de collège (auteur et narrateur car, je répète, il s’agit d’une autobiographie) à un tournant décisif de son existence. Il a la quarantaine, vit depuis dix ans dans une relation à bout de souffle, sans amour ni grand respect (sans sexe aussi, je dois le souligner), et traverse depuis un petit moment de grosses difficultés dans son travail. En fait, il subit un harcèlement en règle de la part de sa N+1 (la directrice d’école, pour ne pas la nommer) ainsi que de la plupart de ses collègues, qui, pour se faire bien voir auprès de la direction, la soutiennent à 100% et se sont donc tournés contre lui. Forcément, à un moment, cette situation mène à un burn-out sévère et à des idées suicidaires plus que concrètes.

Mais le narrateur va avoir un sursaut libérateur et salvateur. Il se sépare de son compagnon, vrai toxique, et se fait arrêter par son médecin. Déménagement, reprise d’une vie sexuelle (débridée au début, puis en dents de scie, mais toujours libérée – petit aparté : la vache, il semble y en avoir, des mecs friands de plans cul, dans la région metzoise où tout ça se déroule !), constitution d’un vrai cercle d’amis… Parmi ceux-ci, il y a LUI. D’abord plan d’un soir (d’une après-midi plutôt si je ne me trompe pas), puis ami, puis sex-friend open, puis copain, puis presque-petit copain, puis re-ami, puis… Là aussi, une relation en dents de scie, qui (pré-)occupera notre narrateur sur des pages et des pages. J’ai souffert, j’ai pris espoir, je l’ai perdu, je l’ai repris, j’ai compris, puis mal compris, puis mieux compris, tout ça en direct live avec le protagoniste. C’est qu’en tant que lecteur.trice, on est aux premières loges, et on suit les aléas de la vie du narrateur sans artifice, sans retenue, sans gel hydroalcoolique ni distanciation (clin d’œil). C’est probablement cette immédiateté qui fait le charme et l’attrait de ce récit, qui en outre livre aussi le point d’achoppement primaire qui explique toutes les difficultés que l’auteur a rencontrées et qui ont déclenché son mal-être : il s’est fait violer à l’âge de onze ans et a tu ce douloureux épisode de sa vie jusque-là…

Donc, comme vous pouvez le constater, rien de léger, d’insipide, de bien rigolo dans cette histoire. Ce n’est pas un bouquin que l’on choisit, tiens, parce que les temps sont durs et qu’on a envie d’un petit coup de bisonours. Et en même temps… le livre brille par l’absence totale de toute noirceur, de tout drame exagéré – même si LUI reprochera à plusieurs reprises à l’auteur d’être une drama queen (ne sachant pas comment il est dans la vie réelle, je ne sais pas si LUI a eu raison ou pas), ce côté prétendu de drama queenne se retrouve pas du tout dans le livre. Bien au contraire, dans l’ensemble, je l’ai trouvé plutôt lumineux, avec des phrases qui m’ont même fait rigoler et cette façon que j’affectionne aussi dans mes propres romans de prendre à part lecteurs et lectrices en s’adressant directement à eux. Il est vrai que certaines railleries et vitupérations sont délivrées un peu trop « premier degré » ; il est vrai aussi que certains fils de narration sont maintenus dans un flou artistique un peu déconcertant (notamment parce que l’auteur ne souhaite pas divulguer tous les tenants et aboutissants de ses déboires avec l’éducation nationale en général et les représentants qu’il a dû gérer directement, en particulier) ; et il est vrai que la manière de répéter certains faits que l’on a déjà lus à peine une dizaine de pages auparavant peut parfois paraître lourdingue. Personnellement, je n’aurais pas choisi d’utiliser le mot LUI pour ce nouvel ami, mais soit une initiale, soit un pseudonyme, car des phrases comme « je vois LUI » sonnent faux, malgré la meilleure volonté de ma part. Mais dans l’ensemble, le style se tient, le langage reste accessible et rappelle souvent une histoire racontée oralement, avec tout de même de belles petites pépites poétiques par-ci, par-là.

J’ai donc, au final, beaucoup aimé ce livre… si ce n’est, et ça vaut hélas une étoile entière en moins, qu’une bonne et saine relecture ait apparemment été considérée superflue. Eh oui, ce livre est bourré de fautes. Grammaire et orthographe, d’abord ; fautes d’inattention, ensuite : quand « sans » devient « s’en », « mais » tout comme « m’est » se transforment en « mes », pour n’en citer que quelques-unes, j’avoue que ça m’exaspère, à la longue. Certes, je comprends la phrase malgré ces horreurs, et je sais que l’on n’est jamais à l’abri d’une petite coquille que l’on n’aurait pas vue malgré de multiples relectures. Mais laisser des coquilles à ce point, en si grand nombre, ça relève, pour moi, soit d’une extrême inattention, soit d’un manque de respect pour lecteurs et lectrices.

Donc, mon verdict (argh, je déteste ce mot) : livre éminemment bien fait, avec des faiblesses souvent inhérentes à l’exercice d’une autobiographie, mais que je vous conseille de lire avec beaucoup de bienveillance si vous, comme moi, détestez des fautes à quasiment chaque page.

Infos

Auteur : Philippe Kolb
Titre :
Un an à travers moi
Publié par :
Faralonn Editions
Publié le :
25 février 2021
Genre(s) :
Autobiographie, viol, burn-out
Pages :
281
Disponible en : Ebook & broché
Lu par : 
ParisDude

Note

4 étoiles sur 5

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L’auteur

Né dans les années soixante-dix, j’ai eu une vie très classique. A la fin de mes études je suis devenu enseignant en collège, et à part changer de régions, au fil des mutations, je n’ai pas vécu grand-chose. Du moins, c’est ce que je pensais. Suite à une grande remise en question, j’ai décidé d’évoluer et de m’autoriser à vivre ce que j’avais envie, de donner libre cours à mon imaginaire et d’oser montrer toutes mes passions. Depuis toujours, d’aussi loin que remonte mes souvenirs, j’ai toujours aimé inventer des histoires, pour moi, mais aussi pour les autres. J’avais en moi ce besoin d’échapper à la simple réalité, de créer des mondes et surtout de les partager, écrire et devenir écrivain. J’ai franchi le cap, pas à pas. D’abord par le street-art à l’aide de craies multicolores, investissant les rues et pavés de ma ville, où j’écris de petites phrases, poétiques, philosophiques, des rêveries, simplement des messages à l’attention de tous, de tous ceux qui les voient. Mes petites réflexions sur la vie s’effaçaient vite, trop vite, mon téléphone est devenu le moyen de les sauver, de les diffuser, d’immortaliser cet album de pensées. Mais le besoin d’en faire plus s’est fait sentir et j’ai enfin pris mon courage à deux mains, du moins mon clavier d’ordinateur. Mon premier livre n’est pas imaginaire comme le souhaiterait mon cœur, mais totalement réaliste, totalement le vrai-moi. Il me fallait cette dernière étape pour terminer ce chemin qui m’amènera à maintenant suivre un de mes idoles de Fantasy, Sir Terry Pratchett, et d’écrire, d’inventer, encore et encore, des univers fabuleux.

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