Come Unto These Yellow Sands (de ParisDude)

Synopsis

Once a bad boy, the only lines Professor Sebastian Swift does these days are Browning, Frost and Cummings. When a student he helped to disappear becomes a suspect in a murder, he races to find the boy and convince him to give himself up before his police chief lover figures out he’s involved.

Max likes being lied to even less than he likes sonnets. Yet his instincts–and his heart– tell him his lover is being played. Max can forgive lies and deception, but a dangerous enemy may not stop until Swift is heading up his own dead poet’s society.

Notre avis

Étrange que je n’aie pas lu ce roman plus tôt, étant donné que je suis un grand fan des bouquins de Josh Lanyon. Il n’est en quelque sorte jamais apparu sur mon radar bien que Josh l’ait publié en 2011, si je ne me trompe pas. Ce n’est qu’à l’occasion de la publication de sa version reformatée voilà quelques mois que je suis tombé dessus. Quelles que soient les raisons pour lesquelles je ne l’ai pas remarqué auparavant, je suis vraiment heureux de l’avoir récupéré via NetGalley, car je me suis encore régalé.

Le livre tourne autour de Sebastian Swift, fils de deux poètes américains de renom, lui-même autrefois poète à succès et étoile montante de sa génération. Pour des raisons que l’auteure laisse vagues pour permettre aux lecteurs d’imaginer leurs propres détails, Sebastian est devenu accro à la cocaïne à l’époque, faisant voler en éclats sa carrière d’écrivain et sa vie. Après une énième cure de désintoxication, il a enfin réussi à se remettre sur les rails. Aujourd’hui entre la trentaine finissante et le début de la quarantaine, il enseigne au Casco Bay College dans le sud du Maine. Il a même trouvé un amant, en quelque sorte : le chef de la police locale, Max Prescott. Il s’agit là d’une relation sans attaches, sans engagement, qui, si elle semble leur convenir à tous les deux, laisse Sebastian un peu… sur sa faim. Il a l’impression que ses sentiments et son dévouement sont beaucoup plus forts que ceux de Max, qui ne cherche apparemment pas plus qu’un compagnon occasionnel pour les nuits où la solitude se fait trop pesante.

Un jour, Tad Corelli, l’un des étudiants les plus doués participant au programme Lighthouse que Sebastian supervise, se présente dans son bureau. Il a l’air secoué et porte les traces d’une altercation musclée et violente. Il explique à Sebastian qu’il doit s’absenter pour quelques jours, esquive toutes les questions et le supplie de ne pas l’exclure du programme. Sebastian croit se reconnaître dans le jeune homme troublé (l’ancienne version de lui-même, en tout cas). Du coup, il accepte et lui donne même les clés de la maison isolée qu’il a héritée de son père. Ce soir-là, cependant, Max l’informe qu’un propriétaire de restaurant local a été tué sur la plage, et il s’avère que la victime n’est nul autre que Mario Corelli, le père notoirement cholérique de Tad. Les rumeurs abondent immédiatement. Certains murmurent que c’est une histoire de mafia, d’autres pointent du doigt la deuxième épouse de Corelli, qui se présente aux élections locales pour le poste de maire, d’autres encore le maire actuel lui-même, voire la première épouse de Corelli. La police en revanche pense que leur meilleure piste est celle de Corelli junior. Sa relation conflictuelle avec son père était de notoriété publique, après tout, et il y a des témoins qui ont entendu le jeune homme proférer des menaces de mort à l’encontre de son père. Sa disparition soudaine juste après le meurtre semble indiquer sa culpabilité. Sebastian sait qu’il devrait parler à son amant de la conversation qu’il a eue avec Tad et lui avouer où le jeune homme pourrait se trouver, mais quelque chose le retient. Probablement sa ferme conviction que Tad est innocent. Il décide de poser quelques questions lui-même et se retrouve soudain plongé au cœur de l’enquête criminelle, qui met en péril tout ce pour quoi il s’est battu ces dernières années : sa relation, sa nouvelle carrière, voire la victoire durement acquise sur son addiction…

Sebastian Swift est un personnage qui m’a tenu en haleine de la première page à la dernière. Un esprit torturé avec un passé difficile et une foultitude de vieux démons avec lesquels il se débat à chaque minute, du moins en apparence. Son personnage reste subtil, son combat ne devenant jamais un drame pathétique, et Josh l’a créé et développé avec une grande perspicacité psychologique et beaucoup d’empathie. C’est juste un homme qui essaie de garder la tête hors de l’eau, hors des vagues tumultueuses de la vie – la vie étant un truc pour lequel il est très mal équipé, d’où sa dépendance. Il se révèle être ce genre de personnage attachant qui vit dans sa propre bulle plutôt que dans la réalité, et ça a réveillé tout de suite mes sentiments « maternels » ; je voulais le serrer dans mes bras et le bercer et lui dire que tout irait bien. Mais ne vous y trompez pas, sous son apparente fragilité, il s’est avéré plus dur et plus fort que je ne l’aurais soupçonné ; en plus, il est instruit et très intelligent, ce que je trouve toujours sexy.

Au début, je ne savais pas quoi penser de sa relation étrange avec Max ou même de Max lui-même, que j’ai plutôt détesté au fil des premiers chapitres. Je suis conscient qu’il correspond parfaitement au type de protagoniste « secondaire » que Josh adore juxtaposer à ses caractères principaux pour la touche « romance » – ils sont toujours leur exact opposé (et, je suppose, ils ont quelque chose qui attire Josh). Des hommes virils, taciturnes, pragmatiques, souvent peu enclins à s’engager dans une relation, extérieurement et physiquement forts, aux épaules et à la poitrine larges ; des mecs quasi supermasculins qu’il faut toujours mieux connaître avant de les comprendre (et de les aimer). Alors que les choses se compliquent et que Sebastian est ouvertement visé par celui qui a commis le meurtre, Max se rend finalement compte que ses sentiments sont plus profonds que prévu, et il accourt aux côtés de son homme, sans poser de questions (plus ou moins – c’est le chef de la police, après tout, alors bien sûr qu’il pose des questions).

Dans l’ensemble, je pense que c’est ce mélange parfait d’enquête criminelle (un polar classique) et de développement parallèle à la fois des personnages principaux et de leur relation qui a rendu la lecture si agréable, voire haletante. Je suis passé de « pauvre Sebastian et amant de merde » par « oh, ils s’aiment (et je fonds) » jusqu’à un dernier soupir de contentement. Ce qui a rendu ce trajet si intéressant était le fait que rien n’était simpliste (même pas simple) et que je pouvais sentir que leur route resterait cahoteuse et difficile même après le dénouement du meurtre. Mais en même temps, l’engagement mutuel et romantique que j’appelais de mes vœux était là et m’a laissé entrevoir plus d’harmonie vers la fin. L’enquête sur le meurtre elle-même a été intelligemment tissée, avec des rebondissements et un coupable que je n’ai pas vu venir, mais pas si invraisemblable que j’appellerais cette personne un deux ex machina (heureusement, car ça, c’est toujours un tour de passe-passe qui m’énerve, dans un bouquin).

Alors oui, neuf ans après la sortie du roman (voire plus), je l’ai finalement lu et adoré, et je le recommande de tout cœur. Un millésime, un très beau Lanyon, si je puis dire.

Infos

Titre : Come Unto These Yellow Sands
Auteur : Josh Lanyon
Éditeur : JustJoshin Publishing, Inc.
Date de parution : 31 mai 2021
Genre(s) : Polar
Pages : 230
Lu par : ParisDude
Lu en VO : Anglais (américain)
Sensualité : 2 flammes sur 5

Note

5 étoiles sur 5

Où acheter

À lire aussi

Notre interview avec Josh Lanyon

Un exemplaire gratuit de Come Unto These Yellow Sands nous a été fourni par l’auteur en VO via NetGalley, en échange d’une critique sincère. Cette fiche de lecture a été publiée en anglais sur NetGalley ainsi que sur le site Rainbow Book Reviews.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.