Délices et infamie (de Paris Dude)

Présentation

POÈMES HOMOSENSUELS & ILLUSTRATIONS INEDITES de Michel Bellin dans l’humble sillage de Verlaine (Hombres).

« Nul doute, l’auteur sait chanter la chair, le phallus, l’érection, la volupté, la jouissance. « Je sens dans mon poing s’ériger ton désir » est une belle trouvaille (et plus qu’une trouvaille !). Certains vers de ce recueil sont vraiment musicaux, entre autres celui-ci : « Et j’ai moulé/mon corps/au vallon/de tes reins. » Ou bien « Je contemple rêveur l’athlète de mon cœur », avec sa rime intérieure… Oui, un peu partout il y a dans ces poèmes des images, des sonorités, des rythmes qui, à la fois poétiquement et homosexuellement parlant, touchent le lecteur, l’enchantent comme un “carmen”, plaisent à son imagination et font écho à son désir personnel, provoquent des vibrations esthétiques et sensuelles en même temps. Le corps masculin, l’amour homo inspirent indubitablement Michel Bellin. »Yvan Quintin, directeur d’ErosOnyx Editions.

PRIX DU RECUEIL DE POESIES 2019 (Prix du Roman Gay de Paris)

Cet ouvrage de Michel Bellin fait partie de sa « COLLECTION SEVEN » (livres papier + ebooks correspondants / Independently Published). EN SEPTEMBRE 2021, sept nouveaux poèmes ont été ajoutés par l’auteur à son recueil. 138 pages au lieu de 104… sans un centime d’euro en plus ! Un délice supplémentaire.

Notre avis

Lauréat du Prix du roman gay 2019 dans la catégorie Recueil de poésies, Michel Bellin est sans doute l’une des personnes que j’ai croisées lors de la remise, au centre LGBTQ de Paris. Mais, et je m’en excuse, peu de souvenirs de cette soirée sont restés gravés dans ma mémoire (de poisson rouge, je l’avoue), hormis la rencontre très amicale avec ma co-lauréate ès romans policiers, Annabel. Une année plus tard, Michel a sûrement fait un autre discours, par vidéo interposée pour cause de pandémie, puisqu’il a reçu le Prix d’honneur pour l’ensemble de son œuvre dans la cadre du Prix du roman gay 2020. Mais j’ai l’impression de n’avoir réellement rencontré l’homme que lorsqu’il m’a déposé en mains propres le recueil dont je m’apprête à parler ici. Je me rappelle d’un homme petit, mince, presque chétif, très discret, presque timide, mais d’une extrême politesse et amabilité, avec lequel j’ai immédiatement pu bavarder sans malaise, moi qui suis plutôt fermé comme une huître quand je dois faire tout seul la connaissance de quelqu’un d’inconnu (NB : si vous voulez me présenter quelqu’un, restez à mes côtés ! ou donnez-moi à boire, de préférence une boisson alcoolisée !).

Bon, j’ai enfin pu lire le livre. Non que je n’en aie pas eu envie plus tôt ou que je n’aie pas trouvé le temps nécessaire, mais un recueil de poésie ne se lit pas comme un roman, page après page, d’une seule traite. Pas si l’on veut le lire sérieusement, en tout cas. Les poèmes, ça ne se précipite pas. J’ai donc feuilleté cet opus à plusieurs reprises, picorant, si j’ose dire, poème après poème, lentement, comme on déguste des petits fours, que l’on savoure, que l’on laisse fondre sur sa langue, dont on analyse le goût, la texture, la bouche, les arômes qui restent pour un moment en suspens avant de s’évanouir, et enfin, les sensations et émotions que l’on se surprend à se rappeler longtemps après encore (étrange, mais ces souvenirs-là n’ont aucun mal à se graver dans mon esprit !)… Et quelle différence avec l’homme si aimable, si doux, si discret qui m’a apporté cet ouvrage !

Bien entendu, et cet avertissement retentit dès la première page, Délices et infamie n’est pas un livre autobiographique – comme l’écrit si joliment Michel Bellin, « […] le Poète […] entend, selon l’usage, dans ses rimes comme dans sa couche, s’arroger licence ou abstinence ». Les poèmes rassemblés dans ce volume sont donc, à quelques exceptions près, des fantasmes, des odes au rêve, des monuments littéraires érigés pour célébrer les rencontres imag(in)ées avec tel prince, tel éphèbe, tel beau gosse, tel dard, tel derrière… « Rêver, c’est déjà créer », comme le dit si justement l’auteur.

Tout comme lire un recueil de poésie prend plus de temps et, souvent, demande davantage de focus, davantage d’attention, écrire une critique d’icelui s’avère également plus hardi que pour un roman. Certes, on peut faire l’impasse de livrer, en ses propres mots, un résumé succinct de l’intrigue, mais le choix demeure : faire dans l’analyse structurelle, formelle (rien que de l’évoquer, je baille, donc c’est non pour moi), ou se concentrer uniquement sur son ressenti ? Et comment le formuler sinon en écrivant soi-même des poèmes ? Ou, mieux, en réalisant une peinture ?

J’imagine votre tête si, au lieu de vous livrer une petite chronique, je vous jetais dans ce article une espèce de croûte indicible faite par mes petites mains (je ne suis pas très doué en peinture, donc forcément croûte il y aurait)… non, je vais tenter de rester dans l’univers du mot. Si j’ai évoqué, dans les premières lignes, la différence entre mon souvenir du personnage de l’auteur et ses poèmes, c’est que… loin de la discrétion aimable de Bellin (en tout cas en public, après, dans le privé, je n’en sais rien), dans ces « bellinades », comme il les appelle, tout n’est que volupté. Volupté du sujet d’abord, le plus souvent un (des) mâle(s) et ses atouts/atours, et on ne va pas se plaindre, il y a pire (et peut-être justement pas mieux) comme sujet. Le mâle, les rencontres avec, les enlacements, entrelacements avec, les collages au, les touchers, sentirs, peaux et organes, appendices et protubérances, le mâle dans toute sa splendeur, dans toutes ses couleurs, fragrances, goûts… Volupté du verbe, ensuite, qui ici coule comme coule la semence au moment du bonheur suprême : chaud, sans entraves, blanc et exquis, porteur de vie et d’espérances. Oui, Michel Bellin manie le verbe avec virtuosité, avec effervescence, avec brillance. Rien n’est opaque ou difficile à deviner, comme ceux qui « n’aiment pas la poésie » craignent souvent, tout est clair et limpide à qui veut comprendre, mais tout est enrobé d’un vernis délicieusement, savoureusement poétique, tout est porté plus haut par le phrasé, le rythme, le choix des mots, les images, analogies, métaphores etc. Car, pour finir, on désire aussi la volupté du style ? On est servi, ici, et ô combien bien servi. Du vers libre en passant par le sonnet et les allitérations, l’amateur de forme sera comblé.

Je ne vous donne pas de citation favorite, ici, car il y en aurait tellement à vous proposer – des passages qui m’ont coupé le souffle dans chaque poème, me donnant envie de piocher dedans pour mes propres exercice d’écriture (tel ces « sourires d’étoiles » qui clignent dans un ciel nocturne – alors que tout auteur a déjà cherché comment dire d’une façon nouvelle le ciel de nuit, justement…) Sachez juste que Michel a eu la gentillesse de me donner l’autorisation de publier quelques-uns de ses poèmes dans le dernier numéro de L’autre Rive. Je vous invite donc à en découvrir trois ici. Ensuite, allez-y, procurez-vous ce recueil, de toute beauté, ou l’un des autres que l’auteur a déjà publiés. Et surtout, ne ratez pas les mini-textes que Michel publie très régulièrement sur son blog personnel et qui sont toujours très réussis.

Infos

Auteur : Michel Bellin
Titre : 
Délices et infamie. Poèmes homosensuels avec icônes afférentes
Publié par :
 Auto-publié
Publié le : 
6 septembre 2020
Genre(s) : 
Poésie
Pages : 
138
Disponible en : Ebook & broché
Lu par : 
ParisDude
Sensualité : 4 flammes sur 5

Note

5 étoiles sur 5

Où acheter

Sur l’auteur

« Deviens qui tu es », telle pourrait être la devise de Michel Bellin. Son parcours est en effet singulier : prêtre contestataire, il laisse tomber la foi, se marie, a quatre enfants… affirme à 50 ans une homosexualité décomplexée tout en confessant aujourd’hui un agnosticisme apaisé autant qu’amusé en laissant pour finir à « Dieu » le bénéfice du doute !

Après avoir exercé plusieurs métiers (encadreur et doreur sur bois, assistant maternel, musicothérapeute, aujourd’hui auxiliaire de vie…), il opte définitivement pour la Littérature en 2000 et s’installe en Ile-de-France. Son écriture colle au plus près de son histoire et il se reconnaît dans le mot de Jouhandeau  » Pour une larme versée sur le Dieu que je perds, mille éclats de rire au fond de moi fêtent la divinité qui m’accueille partout. « 

Après quelques livres parus chez H&O, L’Harmattan…, Michel Bellin publie depuis 2012 une vingtaine de titres sur la plate-forme d’autoédition numérique d’Amazon, cette importante collection constituant un vivier pour ses futures publications à compte d’éditeur. Par ailleurs, il met régulièrement en ligne – sous le pseudonyme Bellinus – ses textes les plus incisifs sur Short Édition, éditeur communautaire de littérature.

Son défi : aborder un genre littéraire nouveau pour chaque manuscrit – nouvelles, roman, récit, thriller, théâtre, journal, aphorismes, poésies… Deux de ses romans illustrent les deux facettes de son talent et de sa personnalité. Côté obscur (sexuel voire sadomasochiste) : LE MANOIR DE MERVAL, paru en exclusivité sur Kindle en octobre 2012 et publié en 2 parties. Côté lumineux (tendre et sentimental) : LES AMANTS DES PRAZ, parution le 1er juin 2013 (en deux tomes) qui sera suivie d’une publication papier en septembre pour les « papivores » irréductibles !

La Muse bellinesquerécidive en 2014 – toujours une exclusivité kindle – avec la parution de « LA@MOUR TEXTO », compte-rendu autofictionnel (autobiographique ?) d’une passion dévorante entre Julius et le jeune Omar… sous l’œil goguenard d’Oscar. Ici langue littéraire châtiée, là langage SMS châtré sur fond de « Jules et Jim » version gay. Étourdissant duo-duel dans lequel l’auteur n’en finit pas de mordre à la vie (à l’amour) et de renouveler son style !

A noter une réédition importante au printemps 2016 : le 1er roman de l’auteur « Le messager », paru en novembre 2003 chez H&O et aujourd’hui épuisé, est de nouveau disponible en version numérisée (une exclusivité Kindle) et une édition papier aux Editions Chapitre.com, sous le titre « UN ANGE POUR L’ÉTÉ », avec une couverture relookée du plus bel effet. A cette occasion, M. Bellin a retravaillé, actualisé, amplifié son manuscrit pour faire de ce roman une œuvre crépusculaire… encore plus lumineuse ! Texte lauréat du speed-dating Amazon KDP au Salon du Livre de Paris édition 2016. Mention Spéciale du Jury (Prix du roman gay 2016) décernée le 7 janvier 2017 à la librairie parisienne Violette and Co. Tirée de ce roman-phare, la pièce éponyme sera créée à Marseille le 7 avril 2017, au THÉÂTRE DE SAINTE-MARGUERITE Atelier des Arts, dans une mise en scène de Magali DUMONT et une interprétation prometteuse de Francis PIET-LATAUDRIE (Julius) et Adam PRINGUET (Raphaël). Compte-rendu très élogieux ici :

« Un ange pour l’été », de Michel Bellin : Une adaptation scénique réussie et respectueuse du texte

Mais l’œuvre fétiche (son péché mignon !) de Bellin reste la littérature érotique gay, l’emblématique « Charme et splendeur des plantes d’intérieur » et son recueil jumeau « Communions privées », deux opus présents sur KINDLE… à ne tenir que d’une seule main ! Notons que ces deux œuvres, précédemment publiées chez H&O (2003), sont aujourd’hui épuisées, après plusieurs tirages, et rééditées par l’auteur qui, ayant récupéré l’ensemble de ses droits, sans cesse les complète et les peaufine. A ces deux opus-phares s’ajoutent un recueil de poèmes homosensuels (« Délices et infamie » PRIX DE LA POÉSIE – Prix du Roman gay 2019. Édition papier chez AMAZON) et un jubilatoire et atypique ‘sexercice’ de style interactif intitulé « Les oraisons jaculatoires ». Enfin — énorme cerise sur un gâteau très… crémeux — une grosse anthologie rassemble LES PRINCIPALES NOUVELLES homoÉROTIQUES de l’auteur qui s’est amusé à donner à ce recueil un titre plutôt décalé : « Cinquante nuances de Gays » !!! Même texte mais avec un titre différent aux Ed. Chapitre.com : « Au jardin d’Eden » (été 2016). La version exhaustive et définitive est enfin parue chez Amazon en 2020 sous le titre « 13 Nuances de Gays ».

Bref, cinq bréviaires libertins pour méditer, se recueillir… et se soulager !

Cela ne signifie pas que Michel Bellin est allergique à la féminité ! En témoigne le recueil « Portraits de dames » (paru en novembre 2014). Chacune de ses 13 héroïnes demeure une belle énigme et un prodige de vitalité. « Hypatie d’hier, Hypatie d’aujourd’hui et de toujours. Femmes si belles, bienheureuses femmes rebelles… » Treize textes inédits ou tirés de l’œuvre du prolifique auteur.

Mais aux yeux de « Bellinus », sa plus belle inspiration, la plus sincère, peut-être la plus dérangeante, reste L’ÉVANGILE SELON SAMIR, remake de « Ieschoua mon amour ». Deux opus jumeaux en exclusivité sur KINDLE. La version papier définitive est parue chez AMAZON en 2020 sous le titre ‘Isa mon Amour. Tout en étant imbibé de tendresse évangélique, l’auteur n’en finit pas de régler ses comptes avec le catholicisme, son homophobie, sa misogynie… et ce, dans une langue inhabituelle pour lui, non plus le beau français policé, mais une TCHATCHE éruptive ! A découvrir pour rire, pleurer, se révolter, croire peut-être à nouveau… surtout AIMER comme le divin rabbi de Nazareth.

A noter que le retour aux sources semble confirmé avec la parution en 2015 du « PACTE NEUF », une sorte de 5ème Évangile aussi étonnant que détonant de la part d’un auteur qui en son temps jeta aux orties son froc et ses croyances !  » (…) Fruit d’une lecture approfondie du Sermon sur la montagne et d’une créativité littéraire, écrites d’une belle plume, ces pages renouvellent le langage et rappellent la radicalité du message. » Charles Delhez, s.j. directeur littéraire des Editions Fidélité de Namur). Ebook disponible aussi en version papier (tirage de tête numéroté) à commander sur la page d’accueil du site de l’auteur. Cette version évangélique new look sera intégrée dans  » RABBI, UBI HABITAS ? TRIPTYQUE CHRISTIQUE  » (publication ebook en février 2017, livre traditionnel en avril aux éditions CHAPITRE.COM puis, en octobre 2020, chez Amazon — livre papier que l’auteur recommande). Les grandes orgues de la Foi retrouvée et proclamée, vingt ans après « J. L’Apostat » ! Les voies du Seigneur sont décidément impénétrables…

Pour finir, ce mot qui conclut la biographie de l’auteur sur son site [et son blog] www.michel-bellin.fr et prouve, s’il en est besoin, qu’il ne se prend guère au sérieux : « « Quand la terre claquera dans l’espace comme une noix sèche, nos œuvres n’ajouteront pas un atome à sa poussière. » (Zola). Qu’on se le dise !

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