The Blue Star (de ParisDude)


Titre : The Blue Star
Auteur : Robert Ferro
Éditeur : ReQueered Tales
Date de parution : 14 juillet 2020 (première édition 1985)
Genre(s) : Littérature
Pages : 272
Lu par : ParisDude
Lu en VO : Anglais (américain)
Sensualité : 1 flamme sur 5
Note : 5 étoiles sur 5

Synopsis

Two heroes, reflective Peter and Byronic Chase, indulge their youthful appetites in Florence. Over the next 20 years their paths diverge and reconverge. Chase marries into the Italian aristocracy and Peter pursues his passion for Lorenzo, a beautiful young Florentine. The past impinges on the present as the story of Chase’s ancestor, Orvil Starkweather, is revealed – the secrets of his life sounding a counterpoint to Chase’s. New York City’s Central Park and the imposing figure of designer Frederick Law Olmsted provide a mysterious connection to Chase’s life. The story of the two men unfolds in Florence and New York exposing the unimagined and startling connection with the past, and taking them finally on a fateful cruise up the Nile aboard the luxury yacht the Blue Star.

Originally published in 1985, this new edition contains a 2020 foreword by Andrew Holleran.

C’est un livre dont la présentation et la discussion se révèlent un tantinet compliquées. Il était intéressant et intrigant, et je l’ai vraiment beaucoup aimé, notamment parce qu’une grande partie de l’intrigue se déroule dans l’une de mes villes préférées sur terre, Florence la splendide. Mais le roman contient de nombreux développements et rebondissements, des niveaux de lecture et des strates divers, ce qui rend si difficile le résumé si l’on veut s’y atteler avec un minimum de précision. En fait, il y a deux intrigues principales qui sont vaguement liées et plus ou moins entrelacées. De plus, la caractéristique la plus importante de ce livre est moins une intrigue linéaire (ou deux) que la représentation parfaite des lieux décrits à un certain moment dans le temps ; il s’agit d’un récit d’ambiances, d’atmosphères, donc ce n’est pas une tâche facile que de saisir exactement ce que je aimé. Tout le charme de The Blue Star réside peut-être dans le fort pouvoir évocateur des mots choisis par l’auteur.

La première intrigue commence au début des années soixante. Le narrateur à la première personne, Peter, un garçon très américain de vingt-et-un-ans, décide de devenir écrivain. Il choisit de s’installer à Florence, Italie, pour travailler sur son premier roman, emménageant dans la Pensione Bardolini, qui est dirigée par une femme résolue appelée Zá-Zá. Au lieu d’écrire, cependant, il se sent immédiatement attiré et happé par l’atmosphère et la beauté intemporelle de la ville ainsi que par la beauté des hommes italiens. Florence by night constitue le moment clé qui permet à Peter de se rendre compte qu’il est gay. Puis, le beau Chase Walker arrive à la Pensione. Il est gay aussi, et ce sans se cacher. Les deux jeunes hommes nouent bientôt une amitié sincère et commencent à sillonner les rues ensemble à la recherche de nouvelles rencontres sexuelles où le frisson du hasard le dispute à l’insouciance et à l’excitation. « When we are young the impossibility of what we want does not occur to us. We place ourselves in the way of a thing happening and assume it will happen. The great talent of youth is this unencumbered expectation », comme l’écrit avec beaucoup de justesse l’auteur (ou en français, traduit par moi-même : « Quand nous sommes jeunes, l’idée que ce que nous voulons pourrait être impossible ne nous traverse pas l’esprit. Nous nous mettons dans l’état mental où une chose peut arriver et présumons qu’elle va arriver. Le grand talent de la jeunesse est cette facilité de s’attendre sans entraves à des choses. »)

Un jour, les deux amis rendent visite à une connaissance de la famille de Chase, le Comte flamboyant et gay Niccolo Virgiliano ; il a la soixantaine et vit dans un petit palais à côté du Palazzo Pitti, avec vue sur le Giardino di Boboli. Lorsqu’ils sont conviés dans la propriété de campagne de Virgiliano, la mère du Comte propose un plan compliqué et loufoque qui consiste en l’adoption de Chase par Niccolo avant que le jeune Américain n’épouse une cousine des Virgiliano, une jeune princesse italienne. La seule chose qu’ils demandent à Chase est qu’il fasse en sorte qu’un héritier voie le jour afin que le nom de la famille Virgiliano soit perpétué. Chase accepte, notamment parce qu’on lui offre une importante somme d’argent. Il poursuit les démarches nécessaires et, à la naissance de son fils, il retourne à New York pour commencer une carrière de botaniste. Peter est finalement aussi contraint de retourner aux États-Unis, faute d’argent. La veille de son départ, il est séduit par le neveu de Zá-Zá, Lorenzo, seize ans, aussi beau qu’un personnage peint par le Caravage. Ils passent une nuit passionnée ensemble, nuit qui influencera le reste de la vie de Peter. Il passe quinze ans à rêver et à se languir de à son amant italien physiquement si parfait jusqu’à ce que, la trentaine atteinte, il retourne à Florence… et tombe à nouveau sur Lorenzo. Ce dernier est marié et père de deux enfants, mais se révèle aussi très amoureux de Peter. D’autres rebondissements et projets mènent à un voyage en Égypte à bord d’un yacht de luxe acheté par l’épouse de Chase, dont ce dernier vit séparé. Les invités incluent Chase, son fils adolescent, Virgiliano, Peter et Lorenzo.

La deuxième intrigue m’a fait remonter aux années 1860 et à la construction de Central Park. Les personnages principaux de cette… je ne peux même pas dire sous-intrigue, c’est plutôt une seconde intrigue principale, voire une intrigue parallèle… bref, les personnages principaux de cette intrigue sont l’architecte paysagiste Frederick Law Olmsted d’une part (personnage historique par ailleurs), et de l’autre, l’un des commissaires du projet, le fictif Orvil Starkweather, qui s’avère être l’arrière-arrière-grand-père de Chase et était Grand Maître de la loge de Franc-Maçons de New York à cette époque. Cette intrigue raconte l’histoire du plan ambitieux de Starkweather visant à ajouter secrètement et illégalement un temple maçonnique souterrain sous les écuries. Je dois admettre qu’au début, cette deuxième histoire a été un peu une surprise par moi car elle intervient au milieu des aventures florentines de Peter et Chase, un peu comme un cheveu sur la soupe. Presque jusqu’à la fin, je n’ai pu distinguer aucun lien logique avec le reste de l’histoire ; tout ce que j’ai trouvé était le lien plutôt ténu avec Chase à travers cette affiliation avec Starkweather – lien tiré par les cheveux, du moins c’est ce que j’ai ressenti. Mais cela ne m’a pas dérangé ; l’auteur, pensai-je, m’avait fourni deux histoires pour le prix d’une.

Mais encore. J’ai beaucoup réfléchi aux deux intrigues, et j’ai finalement le sentiment (que j’aurais bien du mal à exprimer) qu’il existe un lien plus fort entre les deux intrigues. C’est peut-être l’idée de l’initiation, ou de la poursuite obstinée d’un rêve, d’une chimère, aussi ridicule qu’elle soit, aussi inutile qu’elle puisse paraître, qui unit ces deux histoires. Ce sont deux aspects qui traversent, après tout, les deux histoires. Le long séjour à Florence comme rite d’initiation pour Peter ; la construction secrète du nouveau temple maçonnique comme initiation rituelle pour Olmsted et Starkweather ? Le temple en tant que rêve qui dévore Starkweather, tout comme Lorenzo (le réel et l’imaginé) serait celui de Peter ? Quoi qu’il en soit, cela a fonctionné pour moi. Car je ne peux que recommander ce roman. Ferro a une manière envoûtante d’utiliser les mots (j’ai déjà mentionné son pouvoir évocateur de conteur) et crée de merveilleuses scènes atmosphériques qui m’ont fasciné. Son écriture semble sans effort, savante sans être pédante, parfois ornée, parfois nette et directe, en alternances parfaitement rythmées. Les personnages, même si je ne pouvais pas toujours voir les raisonnements et les raisons de leurs actions (comme s’ils étaient de vraies personnes dans la vraie vie, non ?), étaient attachants et intrigants. Peter a trouvé et fondé son église dans un Lorenzo introuvable (quelle belle histoire d’amour à la Roméo et Juliette !) ; Chase, comme son nom l’indique (en anglais, chase veut dire pourchasser, poursuivre), a poursuivi quelque chose qu’il ne pourrait jamais obtenir non plus – une forme d’amour idéalisée qui ne peut jamais exister dans la vraie vie.

Robert Ferro n’a malheureusement écrit que trois autres livres avant sa mort prématurée, mais ces trois livres sont déjà sur ma liste de plus en plus longue de livres à lire. Son nom est, sans doute, un des grands de la littérature.

Sur Amazon Sur GoodReads

Exemplaire lu

L’éditeur nous a fourni un exemplaire gratuit de The Blue Star pour que nous puissions vous livrer une critique honnête et sincère. Cette fiche de lecture a été publiée en anglais sur le site Rainbow Book Book Reviews.

Auteur

Né au début des années 70, j’ai grandi dans un petit village en Autriche. À 18 ans, j’ai migré à Vienne pour faire mon master en sciences politiques, français et espagnol. Aujourd’hui, je vis à Paris avec mon copain et travaille comme graphiste. Pendant mon temps libre, j’écris, je lis, je mitonne de bons petits plats, je prends des photos et je pars en voyage dès que je peux (en Italie, au Portugal, au Maroc, en Égypte, au Royaume-Uni et autres). Mes goûts littéraires sont éclectiques, allant de romans fantastiques et polars en passant par des romances gay jusqu’aux romans dystopiques. Mais je ne dirai pas non à un recueil de poésie ou un bon livre sur l’histoire non plus. Je suis plutôt le genre à porter un sweatshirt à capuche, une paire de jeans et des baskets qu’un costume et une cravate. À ce jour, j’ai publié plusieurs collections de nouvelles et de poèmes en anglais. Mon premier roman policier « Le cercueil farci », dans lequel je présente Damien Drechsler et le fringant étudiant Nikos, est paru en décembre 2018. Les versions anglaise et allemande sont également disponibles. Actuellement, je travaille sur la suite des aventures de Damien Drechsler. Sous mon pseudonymé "ParisDude", j’écris des critiques littéraires sur ce site, mais également en anglais sur le site "Rainbow Book Reviews". Plus d'informations sur mon site http://www.dietermoitzi.com

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