En aller simple (de ParisDude)

Synopsis

Thomas est un garçon réservé et solitaire. Depuis quelques mois, il vit à Genève. Fils de diplomate, son enfance et son adolescence se résument à des séjours plus ou moins longs de ville en ville. Entre cours au lycée et séances d’escrime, le quotidien de ce brillant élève de terminale est orchestré par sa mère, virtuose de l’organisation. Elle le charge d’épauler Russell, un nouveau camarade de classe, trublion collant qui a le don de l’agacer. Soucieux de son avenir, son père se met en tête de lui trouver un professeur particulier pour apprendre l’allemand.

Jeune homme ordonné et discipliné en proie à la menace d’une vie qu’il croit tracée d’avance, Thomas s’éprend alors de Klaas, l’enseignant désigné par son père. S’échappera-t-il des méandres troublants du souvenir sensuel de son premier amour ? Assumera-t-il ses sentiments jusqu’à l’accomplissement ? Une chose est sûre, il devra prendre son avenir en main.

Un premier roman au fil duquel Cédric Hermann mène une réflexion sincère sur la difficulté de franchir le pas, dans une société où il faut aussi apprendre à trouver sa place. L’auteur dessine avec une belle spontanéité les contours contemporains d’une personnalité en éveil.

« En aller simple » a obtenu le prix du Roman Gay 2019, catégorie romance.

Notre avis

Thomas, dix-sept ans, le protagoniste qui raconte son histoire à la première personne et au présent, est un jeune garçon un peu paumé. Fils de diplomate, il vit de déménagement en déménagement, changeant de lieu de vie au gré des affectations de son père. Pour cette raison, il s’interdit de s’engager dans la voie des amitiés. Au début du livre, il vient d’arriver à Genève, bouleversé d’avoir dû quitter Beyrouth et le jeune Akim, avec qui il a vécu en secret une belle histoire d’amour, déraciné une nouvelle fois et obligé de se trouver des repères. Thomas est un jeune très discipliné, qui ne fait pas de vagues, qui ne sait pas se fâcher même quand on lui marche sur les pieds, obéissant à ses parents sans jamais se rebeller. Son père lui intime l’ordre d’apprendre une langue étrangère supplémentaire ; Thomas décide donc d’approfondir son allemand. Du coup, sa mère, autoritaire et pro de l’organisation jusque dans les moindres détails, lui trouve un jeune professeur pour lui donner des cours particuliers : Klaas Höffer, enseignant de littérature à l’université.

Dès leur première rencontre, Thomas est sous le charme. Il trouve Klaas, de six ans son aîné, séduisant ; Klaas est intelligent, un peu mystérieux, et lui envoie des signaux équivoques. Rapidement, Thomas se rend compte que son beau prof est bel et bien gay, mais qu’il s’interdit tout rapprochement avec son élève tellement il juge la différence d’âge et de milieu social insurmontable. De plus, il vient de sortir d’une relation compliquée, alors même s’il se sent attiré par Thomas, il décide que rien n’est possible entre eux. Mais en fait, le destin n’a pas dit son dernier mot. L’été après son bac, Thomas s’installe à Berlin pour approfondir encore davantage ses acquis d’allemand… et tombe nez à nez avec Klaas. Plusieurs semaines d’amour et de complicité s’ensuivent, jusqu’à ce qu’il soit temps pour Thomas de repartir, en Angleterre cette fois-ci afin de commencer ses études. Et Klaas ne le retient même pas… Est-ce que leur amour peut survivre à cette séparation douloureuse ?

C’est un très beau livre, porté par l’écriture sans fioritures, toute en phrases courtes mais bien cisellées et bien senties, de l’auteur, qui surprend à maintes reprises par de jolies petites pépites. À vrai dire, j’ai été conquis dès les premiers paragraphes, et surtout quand Klaas recommande un roman à Thomas , j’ai su que j’allais adorer. Un auteur qui non seulement connaît le sublime roman Die Mitte der Welt de l’Allemand Andreas Steinhöfel (en français, Le milieu du monde) mais semble l’apprécier autant que moi, ne peut pas être mauvais, tel est mon verdict. Et j’ai eu raison.

Bien sûr, le sujet principal est la romance naissante entre Thomas et Klaas, qui sont tous les deux extrêmement touchants par la véracité de leurs récits uniques, par la force de leurs sentiments et par la lutte qu’ils mènent contre les obstacles et embûches dont non seulement la vie semble parsemer leur chemin, mais qu’ils se construisent en partie eux-mêmes aussi. Le deuxième sujet, non moins important et traité avec tout autant de sensibilité, est le coming-out ainsi que l’émancipation du jeune Thomas. Garçon soumis à l’autorité froide et indiscutable de ses parents, qu’il sent très loin de lui et peu intéressés par sa vie, il arrive petit à petit à se soustraire à leur emprise et prend finalement son envol.

L’intrigue paraît linéaire et presque un peu simple quand on tente de la résumer sans dévoiler tous les détails. Je trouve donc essentiel d’ajouter qu’elle ne l’est pas ; l’histoire surprend encore et encore par des virages insoupçonnés, des (re-)trouvailles heureuses, des amitiés inespérées qui apportent encore plus d’humanité et de profondeur aux caractères principaux. Je recommande vraiment vivement ce très beau livre, très bien écrit, très bien construit, plein de tendresse, avec une pointe d’humour et des personnages attachants (y compris, finalement, cette mère qui m’a paru telle une ogresse au début). Une chouette découverte !

Infos

Auteur : Cédric Hermann
Titre : En aller simple
Publié par : Éditions Cœur de Lune
Publié le : 25 octobre 2018
Genre(s) : Romance, Coming-Out
Pages : 123
Lu par : ParisDude
Sensualité : 0 flammes sur 5

Note

5 étoiles sur 5

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