Être queer, les flux insensés, l’écriture – interview avec Heidi Cullinan

Après avoir lu le dernier roman de Heidi, The Doctor’s Orders, je voulais absolument en savoir plus sur cette excellente écrivaine. J’avoue que je ne la connaissait pas avant d’avoir lu les trois livres de sa série, Copper Point: Medical, dont ce dernier roman fait partie. Depuis la lecture de celui-ci, j’ai mis tous ses livres précédents sur ma liste de bouquins à lire, au risque de la rallonger considérablement. Partant du principe qu’Heidi devait avoir un emploi du temps fou, en ce moment, à quelques jours de la parution de son livre, je lui ai simplement envoyé un mail pour lui demander si elle me permettait de lui poser quelques questions. Elle a gentiment accepté, et depuis, nous avons échangé longuement. Voici le résultat… une « rencontre » avec Heidi Cullinan, qui se livre de façon très personnelle et honnête ; une rencontre dont je suis immensément fier.

ParisDude : Salut, Heidi. Je suis honoré de pouvoir t’interviewer. Surtout que que tu dois être épuisée après ton récent marathon d’écriture pur terminer la série Copper Point: Medical, je suppose. Voyons si j’ai bien compté : le premier tome est sorti en avril dernier, suivi du n°2 en juin et du n°3, dont la publication est prévue le 20 août, mais qui a bien sûr écrit bien avant…
Heidi Cullinan : C’est les bonnes dates, exact. Le troisième livre sortira le 27 août. Comme il s’agissait d’une publication via une maison d’édition, ce troisième livre a été bouclé tôt ce printemps, peut-être plus tôt même, mais ma mémoire est un peu floue là-dessus.

PD : Comment as-tu réussi à venir à bout de cet immense travail ? Je veux dire, trois publications majeures en si peu de temps ! Nous ne parlons ni de nouvelles ni de courts romans, mais de 1 200 pages au total…
HC : Tu as peut-être remarqué que je n’ai pas publié une ligne, l’année dernière. Ce n’était pas ça, le projet, d’ailleurs – j’avais l’intention de rendre ces livres plus courts, de les écrire plus vite et de lancer quelques titres en auto-édition, mais ça n’a pas pu se faire ainsi. Chez moi, les projets sont toujours provisoires. C’est devenu un peu intense, cependant, parce que normalement, j’ai des périodes de calme pendant que j’écris des livres, et cette fois-ci, je n’avais tout simplement pas le temps pour ça. Heureusement, Dreamspinner [Note de ParisDude : l’éditeur de la série Copper Point: Medical] a été flexible dans les délais qu’il m’a accordés et m’a permis de continuer à travailler avec mon éditrice de longue date, qui a gentiment mis les choses en forme et m’a aidé à rester dans ma lignée.

PD : Es-tu une écrivaine qui écrit vite, alors ? Ou, en d’autres termes : comment est-ce que tu t’organises pour écrire ? Tu sais, j’ai lu quelque part que l’écrivain allemand et prix Nobel, Thomas Mann, suivait des horaires réguliers et quotidiens pour écrire, plusieurs heures chaque matin, plusieurs heures chaque après-midi. Est-ce que tu fais pareil ? Ou est-ce que tu as un moyen secret pour tenir, je ne sais pas, des vitamines, des glaces, des morceaux de musique spéciaux, du vaudou… ?
HC : Eh bien, organiser des plages d’horaire pour écrire, c’est un vaste chantier, en ce moment. Ma santé physique et mentale a été difficile à gérer, ces trois dernières années, alors je continue à avancer à tâtons pour découvrir ce qui fonctionne pour moi. La fermeture de Samhain a été un énorme tremblement de terre pour moi, à tous les niveaux…

PD : Désolé, je sais que c’est impoli d’interrompre, mais… la fermeture de Samhain ? Nous ne parlons pas de rites celtiques, ici, je suppose…
HC : LOL, non. Samhain, comme dans Samhain Publishing – mon ancien éditeur. Ils ont fermé en 2017.

PD : Oh, je vois. Merci. Alors oui, j’imagine que leur fermeture a dû être un énorme bouleversement pour toi !
HC : Bouleversement – le plus grand euphémisme de toute ma carrière. Ils avaient 70 % de mes livres et représentaient 90 % de mes revenus. Du jour au lendemain, ça a disparu ; j’ai mis quatre mois avant même de pouvoir commencer à tenter de reconstruire quoi que ce soit. Cette année-là, j’ai travaillé pendant pratiquement douze mois d’affilée, sans pause, ni vacances, ni rien, essayant de republier mes livres et de concevoir de nouveaux projets pour l’avenir. Lors de la rédaction de Copper Point: Medical, mon éditrice – Sasha Knight, qu’elle soit bénie à jamais – m’a pris à part et m’a forcé la main plus ou moins afin que je ralentisse, et au diable les délais à respecter et les besoins financiers à considérer. C’est à peu près à ce moment-là que j’ai instauré la règle « pas le week-end, pas après cinq heures », règle à laquelle je me tiens généralement, à quelques exceptions près. Mais récemment, ma stratégie a principalement consisté à ne pas faire du mal mon corps (j’ai le syndrome d’Ehlers-Danlos) ; même avec ça, cependant, il y a des jours, parfois des semaines, où ça n’avance tout simplement pas dans mon travail.

Couverture de "The Christmas Fling"

Heidi Cullinan, « The Christmas Fling »

Honnêtement, ce qui me fait tenir, ce sont mes lectrices et lecteurs, mes ami(e)s et ma famille. Je bois beaucoup d’eau, je me crée des listes de lecture (j’en écoute une en ce moment, en fait), et je fais de mon mieux pour manger sainement, rester à jour pour mes exercices de physiothérapie et de marche dans l’eau, mais les journées sont difficiles. Il arrive parfois que le mail d’une lectrice/d’un lecteur ou un commentaire sur les réseaux sociaux arrive à point nommé. Et je ne peux pas parler de ce qui me motive sans mentionner mes « parrains » [Note de ParisDude : beaucoup d’écrivain(e)s écrivent avec le support de patrons, c’est-à-dire un groupe soit de parrains, soit de mécènes, qui peuvent lire les projets à un stade précoce, donner des conseils, soutenir moralement, voire organiser le financement pour permettre la publication d’un livre]. Ils attendent depuis The Christmas Fling que je sorte quelque chose en auto-édition ; ça fait donc un bail déjà. Leur générosité et leur soutien constituent ma dernière ligne de défense depuis de nombreux jours.

PD : Est-ce que l’écriture t’a laissé du temps libre pour faire autre chose, ces derniers mois ? Je pense que tes chats, tant qu’ils sont nourris, ne sont pas trop exigeants, mais j’ai lu que tu avais une fille ? Et ce qui prend encore plus de temps : un mari ? Je sais de quoi je parle ; j’en ai un moi-même…
HC : LOL. Eh bien, ma fille est une senior cette année [Note de ParisDude : en dernière année de high school ; les élèves ont alors 17-18 ans], et je suis tout à fait consciente qu’à partir de ce mois-ci, je décompte les instants jusqu’à ce qu’elle ne vive plus chez nous à plein temps. Cela fait partie de la raison pour laquelle j’ai instauré cette règle de ne pas écrire après cinq heures. Nous regardons parfois la télévision en famille, mais Anna et moi suivons également plusieurs animes, et nous jouons ensemble. Bien souvent, je la regarde jouer, mais parfois, nous jouons toutes les deux, ou elle m’aide de manière exaspérée à surmonter mes nombreuses difficultés. En fait, elle travaille actuellement sur un cosplay (Berkut de Fire Emblem: Echoes), et je l’aide à résoudre ses problèmes et à construire. Nous allons à une convention d’anime, le week-end prochain, en partie travail, en partie loisirs pour moi (je fais des recherches pour une potentielle nouvelle série.)

PD : J’ai vu dans ta biographie que tu soutenais et défendais ardemment les droits LGBT. Qu’est-ce qui t’a poussé à t’engager dans cette cause ?
HC : Tu sais, je ne me souviens pas comment ça a commencé ou quand, mais c’était une longue et lente évolution intérieure, probablement motivée par mon subconscient, qui essayait de me faire faire mon propre coming-out à moi-même. Les choses sont devenues plus aiguisées ici, dans l’Iowa, à cause de la lutte pour la légalisation du mariage homosexuel, laquelle a culminé en 2009, mais nous avions déjà fait des dons à l’HRC bien avant ça [Note de ParisDude : Human Rights Campaign ou HRC, groupe de défense et lobby le plus important en matière de droits des personnes LGBT aux États-Unis, revendiquant plus de 750 000 membres et soutiens, fondée en 1980]. Maintenant, c’est personnel à plusieurs niveaux, pour moi et pour ma famille. Ma fille s’identifie comme pansexuelle et demisexuelle tendance asexuelle. Elle s’auto-nomme « une pandémique ». Ainsi, à ce stade, l’engagement est devenu très personnel. Depuis que je m’identifie comme queer dans ma biographie et que je publie mes livres sous mon vrai nom, j’ai eu des moments où j’essayais de vivre ma vie, et des organismes gouvernementaux me défiaient à ce sujet. (Certaines personnes ne comprennent pas que l’on peut être pansexuel et épouser un homme tout de même.)

PD : Certains disent : « Assez, c’est assez », et on entend les gens se plaindre de temps en temps que la communauté LGBT gagne le dessus, que les hétéros deviennent une minorité opprimée. Quelle est ton opinion à ce sujet ? Vérité, fausse nouvelle ou autre chose ? Nous, c’est-à-dire la communauté LGBT et ceux qui nous soutiennent, avons-nous atteint tous nos objectifs ? Et avons-nous encore besoin de continuer la lutte ?
HC : La fragilité hétérosexuelle est réelle, et elle recoupe également beaucoup la fragilité des blancs. C’est toute une pagaille, et ils peuvent y mariner si ça leur chante, bien que ça nous affecte aussi, évidemment. Et comme la discrimination transgenre empire au lieu de s’améliorer, comme la plupart des gens ne savent pas ce que l’assexualité est ou n’est pas, dans la panoplie queer, et comme une bonne partie de l’engagement pour les gays exclut les personnes de couleur – non, je ne pense pas que nous ayons même approché le début de la fin de la lutte. Il serait même très dangereux de le suggérer. L’égalité sur le dos des autres n’est pas l’égalité, c’est l’oppression.

PD : Nick, l’un des protagonistes de ton prochain roman, The Doctor’s Orders, a beaucoup de mal à accepter le fait d’être gay, à accepter et vivre ses sentiments et ses émotions. J’ai trouvé cet aspect très bien décrit, mais j’ai vu par la suite un critique dire : « étant donné notre époque historique, le point de vue des personnages principaux concernant le ‘coming-out’ semble excessivement rétro » et qu’il devient « très difficile pour nous de nous identifier à l’angoisse de l’un ou l’autre personnage principal » [traductions par ParisDude]. Est-il vraiment devenu tellement plus facile d’être ouvertement gay, de nos jours ? Faire son coming-out est-ce devenu un simple rite de passage, une sorte de non-événement sans stress ?
HC : J’ai fait mon propre coming-out à moi-même vers la fin de la trentaine. Je ne l’ai toujours pas fait auprès de la plupart des gens que j’ai dans ma vie, en partie parce qu’en parler me fatigue avant même de commencer. Il y a des gays et des bisexuels très proches de moi, surtout des hommes, qui n’ont pas fait leur coming-out. De plus, au fil des ans, je suis devenu en quelque sorte quelqu’un à l’oreille de qui peuvent chuchoter de nombreux auteurs bisexuels qui ne sont pas ouvertement gays dans leur vie (publique) d’auteur, certains même pas dans leur vie privée. Ce n’est pas simplement une question de vie à la campagne ; certaines de ces personnes vivent en fait en ville. Regarde Pete Buttigieg. Il est sorti du placard il y a pratiquement dix minutes [Note de ParisDude : Peter Paul Montgomery Buttigieg, membre du parti démocrate, candidat de la primaire démocrate à l’élection présidentielle américaine de 2020, a annoncé publiquement son homosexualité en 2015]. Je pense que c’est plus facile pour les plus jeunes générations, mais parfois même parmi elle, les gens hésitent. Je ne peux même pas dire d’être contente que certaines personnes pensent le problème devenu sans objet, car cela dénigre la lutte de ceux qui ne peuvent toujours pas vivre leurs vérités et embrasser leur identité, ajoutant un deuxième niveau de honte à une situation déjà stressante. Je pense qu’il est important de montrer des histoires où les gens sortent du placard sans problème ou n’ont pas du tout besoin d’en sortir, trouvant leur vérité d’une façon toute évidente et naturelle – c’est le cas de ma fille. Mais l’histoire de Nick n’est même pas la mienne, même si j’ai pioché dans mes propres émotions pour pouvoir la créer. J’ai écrit ce personnage de Nick pour parler à une personne qui m’est très proche, qui n’a fait son coming-out que de manière sélective et qui lutte encore quotidiennement pour s’accepter. Et je l’ai écrit pour tous les autres qui veulent sortir du placard mais ne peuvent pas, qui ne savent pas comment faire, qui ne peuvent pas surmonter la peur et le bagage de leur passé.

PD : L’une des choses que j’ai remarquées dans ta série Copper Point: Medical est la multiethnicité de tes protagonistes. Ce n’était pas non plus un copier-coller superficiel où tu as juste changé la couleur de peau des uns et des autres ; non, chaque personnage vient avec son passé, enraciné lui-même dans des cultures, des histoires, des communautés spécifiques. Est-il important pour toi d’écrire sur différents contextes ethniques et culturels ? As-tu été obligé de mener beaucoup de recherches pour bien faire les choses ?
HC : Je peux te dire, en tant de lectrice de beaucoup de livres écrits par et sur des personnes de couleur, et en tant que personne ayant fait des efforts pour creuser plus profondément pour écrire ces caractères, que même si j’avais quadruplé mes recherches, pourtant déjà approfondies, et mes auto-vérifications afin d’écrire sur des caractères autres que moi, je serais toujours loin de l’authenticité des voix propres aux écrivains issus des communautés. Mes meilleurs efforts restent insuffisants d’une manière que je ne pourrai jamais rattraper. En même temps, je ne veux pas que mes histoires soient des histoires « blanchies à la chaux », chose que je pense avoir faite inconsciemment dans le passé. Je sais aussi que des écrivains issus des communautés et qui écrivent des histoires queer mettant en vedette des personnes de couleur ont souvent du mal à trouver un public et que, quand ils ont des critiques, celles-ci sont souvent truffées de propos insidieusement ou ouvertement racistes. Une femme blanche qui crée des personnages aux origines diverses et variées n’équivaut pas à une bonne représentation, mais j’espère que faire un effort pour l’inclusion contribuera à accroître la sensibilisation, même à petite échelle. Il y a tellement de grands écrivains issus des communautés qui écrivent des romances queer et dont les histoires sont meilleures que les miennes. J’adore le travail de La Quintette, Adriana Herrara, Atom Yang, Allie Therin, Blue Saffire / Royal Blue, et je gratte à peine la surface, là. Allez voir les auteurs sur Queer Romance POC et trouvez-vous de nouveaux livres à lire. Nous avons tellement de richesses, et cela me brise le cœur de ne pas voir des auteurs blancs soutenir plus activement ces histoires incroyables et importantes.

PD : En parlant de recherches… as-tu dû en faire pour décrire ce coin du Wisconsin où ta série a lieu ? Ou l’as-tu déjà visité ?
HC : Pendant deux ans, j’ai vécu à Appleton, dans le Wisconsin, quand j’étais au lycée. Et, pendant toute ma jeunesse, nous avons régulièrement rendu visite à des amis à Freemont. J’ai été dans une colonie de vacances dans les Northwoods, dans le Wisconsin, et j’y ai également fait quelques voyages en famille. J’en connais assez, sur le Wisconsin, pour savoir que c’est bien plus que du fromage (bien que le fromage soit vraiment une religion, là-bas), bien plus que le fait de pouvoir légalement doubler une voiture par la droite, bien plus que le fait que les mariages durent jusqu’à 2 heures du matin, avec des mamies buvant des shots pendant la marche de minuit, et bien plus que le fait que Walker [Note de ParisDude : Scott Kevin Walker, homme politique membre du Parti républicain et gouverneur du Wisconsin de 2011 à 2019] ayant cassé les syndicats reste douloureux comme une balle tirée dans le ventre – chose que personne en-dehors du Wisconsin ne saurait comprendre. J’ai choisi le Wisconsin parce que, par défaut, j’écris sur le Minnesota et que j’ai décidé de me diversifier légèrement. J’écris rarement sur l’Iowa parce que je ressens beaucoup de colère en ce qui concerne cet État. Voir Shelter the Sea pour plus d’informations à ce sujet [Note de ParisDude : livre paru en français sous le titre La mer pour refuge].

PD : Il y a une question que je me pose toujours… Comment se fait-il que tu sois capable de décrire avec autant d’authenticité les gays, comment ils pensent, ce qu’ils ressentent au niveau des émotions aussi bien qu’au niveau des sensations physiques ? Encore des recherches ? Ou as-tu un petit groupe de meilleurs amis gays qui te renseignent ?
HC : Je dois dire, en fin de compte, les gens sont les gens ? Steven King écrit sur les tueurs en série, et personne ne lui demande s’il peut venir inspecter sa cave. Je suis queer moi-même, alors ce n’est pas un point de vue d’hétéro que tu lis dans mes livres. En outre, écrire une romance homosexuelle fait tellement chier le patriarcat, alors tout le monde devrait participer à cette lutte. Je n’ai pas fait de recherches particulières, à aucun moment. Je pense que l’une des choses les plus importantes quand on écrit sur des hommes gays est la possibilité d’y mettre des émotions sans jugement, des relations sexuelles honnêtes et libres qui ne censurent pas leur masculinité – ou leur féminité, s’ils veulent l’embrasser aussi. Honnêtement, c’est beaucoup plus facile pour moi d’écrire sur des hommes gays et pansexuels que d’écrire sur des femmes queer. Lorsque j’écris sur ma propre orientation, toutes les choses qui me « retiennent dans le placard » tournent en rond dans ma tête et me ralentissent. Je m’arrête pour me parler à moi-même, pour pleurer, pour me mettre en colère. Quand j’écris sur des hommes gays, c’est assez similaire, et pourtant j’y arrive plus facilement. Je veux toujours écrire des histoires mettant en scène des femmes, et j’ai beaucoup de projets dans ce sens. Mais c’est vraiment différent pour moi. Je ne prétends pas que ce soit pareil pour toutes les femmes, ni que les homosexuels aient le même combat pour écrire leurs propres histoires. Je sais juste que moi, j’en suis là. Tout est un voyage.

PD : Dans ma critique de The Doctor’s Orders, je me demandais si quelqu’un pouvait te convaincre d’écrire une suite à cette trilogie pour nous raconter comment tout le monde va quelques années après… Je suppose — et là, je te fais un clin d’œil appuyé – que je pourrais essayer de le faire tout suite. Qu’est-ce que tu en penses ?
HC : Eh bien, l’idée a toujours été de mettre en place des séries de manière à pouvoir écrire des trilogies dans plusieurs domaines. J’ai fait l’hôpital, mais maintenant je peux faire les commerçants de la rue principale, le college, etc. L’idée était de voir si cette série allait plaire et de prendre une décision à ce sujet plus tard. Cela va prendre plus d’une minute, cependant, car je ferais la trilogie suivante à peu près de la même manière, et je devrais d’abord re-publier d’autres titres en auto-édition. Je veux vraiment terminer toutes ces séries que j’ai dû abandonner quand Samhain a fermé ses portes.

PD : Quels sont tes prochains projets ?
HC : En ce moment, j’écris Rebel Heart, livre quatre de la série Love Lessons [la série s’appelle Leçon de séduction en français, note de ParisDude]. Il y aura un livre supplémentaire encore dans cette série, que je veux aussi terminer le plus tôt possible. Je travaille également sur un livre qui était censé être publié à un endroit mais qui pourrait bien se retrouver ailleurs ; j’attends de voir comment ça va se goupiller. Après ça, j’ai bien l’intention de finir la série Roosevelt – probablement pas de livre de Noël cette année encore, désolé. Ensuite, je vais seulement me remettre aux séries que j’ai dû mettre en suspens, peut-être écrire plus sur Copper Point, peut-être écrire une autre série. Tout est dans un flux insensé, en ce moment.

PD : The Doctor’s Secret a été publié en français début juin sous le titre Les secrets du Docteur Wu. Est-ce que tu sais quand les deux autres tomes seront disponibles en français ?
HC : Je pense bientôt ? J’ai peut-être vu quelque chose passer dans ce sens, mais peut-être pas. C’est une question à poser aux gens de chez Dreamspinner – ils ont tous mes droits à l’étranger, même pour ce qui est d’auto-édition. Je sais qu’il y aura des projets, mais je ne connais pas les dates.

Couverture de "Clockwork Heart"

Heidi Cullinan, « Clockwork Heart »

PD: Au fait, dans The Doctor’s Orders, Jared dit une phrase en français, que Nick corrige immédiatement (et à juste titre). Parles-tu français ? Est-ce que tu as déjà été en France ?
HC : J’ai étudié le français au collège pendant un an, m’ais j’en ai oublié la plus grande partie. Ma fille est sur le point de commencer sa quatrième année de français au lycée, et je pense (peut-être ?) au’elle m’a aidé sur ce point-là, même si j’ai peut-être tout simplement cherché sur Google. Mon japonais est meilleur que mon français, mais même lui est assez terrible. L’artiste qui fait mes couvertures est Canadienne francophone, cependant, et elle m’a aidé à plusieurs reprises, notamment avec les passages en français dans Clockwork Heart. Tout les trucs cochons viennent d’elle.

PD : Ta biographie indique que tu es une lectrice assidue – je m’en doutais, d’ailleurs ; aucun bon écrivain ne déteste lire. Est-ce que tu a trouvé le temps de lire un bon livre, au cours des derniers mois ?
HC : Ben, lire, ça a été dure depuis un certain moment – en partie pour cause de manque de temps, en partie à cause de mon cerveau. J’ai commencé à faire des interviews d’auteurs pour Joyful Jay et bientôt pour la Pink Heart Society afin de pouvoir me pousser à lire davantage. Le dernier livre merveilleux que j’ai lu était Spellbound de Allie Therin, mais j’aime aussi tout ce que fait Atom Yang.

PD : Que lis-tu actuellement ?
HC : Tu sais ce que je lis le plus ? Des webcomics, en particulier les webcomics chinois. Aussi, la traduction anglaise de The Grandmaster of Demonic Cultivation, également chinois. Beaucoup de manga aussi, genre, des tonnes.

PD : Et ton préféré de tous les temps ?
HC : Sir Terry Pratchett. Tout ce qu’il a écrit, mais le meilleur roman de tous les temps, c’est Going Postal [Timbré en français, note de ParisDude].

PD : Heidi, merci beaucoup d’avoir pris le temps de me répondre. Ce fut un réel plaisir, sincèrement ! Bien le bonjour à ton mari et ta fille, et des caresses amicales pour chacun de tes chats, bien sûr.
HC : Absolument ! Merci pour cette interview.

***

Membre de Romance Writers of America depuis 1999, Heidi Cullinan a été présidente de Rainbow Romance Writers, a dirigé des bulletins de la section locale et s’est portée volontaire pour des comités aux niveaux local et national. En plus d’enseigner l’écriture depuis 1993, elle a également été coordonnatrice de l’atelier de rédaction pour la GayRomLit Retreat en 2013. Fière d’être du premier État du Midwest à avoir pleinement respecté l’égalité des mariages, Heidi a écrit plus de trente romances à succès mettant en scène des personnages LGBT luttant contre des obstacles insurmontables parce qu’elle croit qu’il n’y a rien de mieux qu’une fin heureuse.

***

Couverture de "The Doctor's Orders"

Heidi Cullinan, « The Doctor’s Orders »

Titre : The Doctor’s Orders (Copper Point Medical #3)
Auteur : Heidi Cullinan
Publié par : Dreamspinner Press
Publié le : 20 août 2019
Genre(s): Romance
Pages : 384
Lu par : ParisDude
Lu en VO : Anglais (américain)
Sensualité : 2 flammes sur 5
Note : 4.90 étoiles sur 5

Synopsis

Sequel to The Doctor’s Date
Copper Point Medical: Book Three

Once upon a time Nicolas Beckert was the boy who stole kisses from Jared Kumpel beneath the bleachers, but now Jared’s a pediatrician and Nick is the hospital CEO who won’t glance his way. Everything changes, however, when they’re stranded alone in a hospital elevator. Ten years of cold shoulders melt away in five hours of close contact, and old passions rekindle into hot flames.

Once out of the elevator, Jared has no intention of letting Nick get away. It’s clear he’s desperate for someone to give him space to let go of the reins, and Jared is happy to oblige. But Jared wants Nick as a lover in a full, open relationship, which is a step further than Nick is willing to go. They’ve traded kisses under the bleachers for liaisons in the boardroom… and it looks like the same arguments that drove them apart in high school might do the same thing now.

Jared’s determined not to let that happen this time around. He won’t order Nick from his shell—he’ll listen to what his friend says he needs to feel safe. Maybe this time he can prescribe his lover a happy ever after.

Amazon Page auteur Sur Goodreads

Toute la série Copper Point Medical

Auteur

Né au début des années 70, j’ai grandi dans un petit village en Autriche. À 18 ans, j’ai migré à Vienne pour faire mon master en sciences politiques, français et espagnol. Aujourd’hui, je vis à Paris avec mon copain et travaille comme graphiste. Pendant mon temps libre, j’écris, je lis, je mitonne de bons petits plats, je prends des photos et je pars en voyage dès que je peux (en Italie, au Portugal, au Maroc, en Égypte, au Royaume-Uni et autres). Mes goûts littéraires sont éclectiques, allant de romans fantastiques et polars en passant par des romances gay jusqu’aux romans dystopiques. Mais je ne dirai pas non à un recueil de poésie ou un bon livre sur l’histoire non plus. Je suis plutôt le genre à porter un sweatshirt à capuche, une paire de jeans et des baskets qu’un costume et une cravate. À ce jour, j’ai publié plusieurs collections de nouvelles et de poèmes en anglais. Mon premier roman policier « Le cercueil farci », dans lequel je présente Damien Drechsler et le fringant étudiant Nikos, est paru en décembre 2018. Les versions anglaise et allemande sont également disponibles. Actuellement, je travaille sur la suite des aventures de Damien Drechsler. Sous mon pseudonymé "ParisDude", j’écris des critiques littéraires sur ce site, mais également en anglais sur le site "Gay Book Reviews". Plus d'informations sur mon site http://www.dietermoitzi.com

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