Gaydonia (de ParisDude)


Auteur : Gary Pedler
Éditeur : Adelaide Books LLC
Date de parution : 12 août 2019
Genre(s) : Littérature humoristique
Pages : 92
Lu par : ParisDude
Lu en VO : Anglais (américain)
Sensualité : 0 flamme sur 5
Note : 5 étoiles sur 5

Synopsis

« Gaydonia » tells the story of Davor Matosic, a government apparatchik in an imaginary cash-strapped Balkan country, who launches a daring new plan to raise revenue – he’ll transform Zablvacia into a gay tourist mecca. His opponent, a former flame, pushes a rival plan to make money from a line of deliberately mediocre, weight loss inducing foods. The two factions fight it out, with the help and interference of Davor’s gay son, his mother, wife, and daughter, and the entire population of Zablvacia.

Qui connaît le pays de Zablvacia ? Exactement : personne. Ancien État membre de la République fédérative socialiste de Yougoslavie (aujourd’hui disparue), Zablvacia est un petit pays enclavé et à moitié oublié, situé quelque part dans les Balkans. Capitale : Zablvacia (pourquoi se donner la peine d’avoir un nom différent pour la petite ville ?). Monnaie nationale : le kunar. Principales attractions : la cathédrale Saint-Étienne, l’église orthodoxe, la mosquée, l’usine de biscuits de Pluzinovia, un ancien Hôtel de ville rénové dans toute la laideur de l’époque de Tito. Point final. Comme on peut le voir, Zablvacia n’a pas grand-chose à offrir au touriste en quête d’attractions culturelles ; malheureusement, le pays n’a pas davantage à offrir en termes de ressources naturelles, non plus. C’est pourquoi, depuis l’implosion de la Yougoslavie, le gouvernement vit des prêts généreusement accordés par la Banque mondiale, lesquels, comme c’est dans la nature même de tout un prêt, présentent un inconvénient majeur : ils doivent être remboursés un jour.

Davor Matošić est l’un des innombrables ministres zablvaciens des finances. Son fils Ivo, jeune étudiant, vient de rentrer des États-Unis et, à la grande horreur de Davor, de faire son coming-out devant la famille. Ce qui se révèle le plus choquant pour le pauvre Davor, ce n’est pas que son fils soit gay, mais le fait que tous les autres membres de la famille semblent déjà être au courant : sa femme Marija, psychologue renommée (enfin, renommée au niveau de Zablvacia), sa fille de dix-sept ans Nevenka ainsi que sa mère veuve, la célèbre chanteuse Vuksa Ćuruvija, accueillent la nouvelle avec un simple haussement d’épaules. Pire encore : Ivo a ramené son petit ami Clifford « Cliff » Tillman d’Amérique. Et pour couronner le tout, le lendemain, Davor doit présenter un plan de sauvetage du pays devant ses collègues ministres ainsi que le ministre en chef Petrak. Pour contrer le projet de sa collègue Ranka Vilović, qui veut vendre des cookies « Good Enough » dans le monde entier (elle est la propriétaire de l’usine de biscuits de Pluzinovia, bien connue pour sa production sub-succulente), Davor propose son propre projet, en pure improvisation : Gaydonia. Que Zablvacia devienne le nouvel Eldorado des gays de tous les pays, avec saunas, boutiques de luxe, excursions à cheval animées par des guides bien faits de leur personne et déguisés façon Village People, bars gay, boîtes de nuit gay, etc. Comme personne ne souhaite prendre de décision, les deux projets sont adoptés, et le projet Gaydonia démarre…

Bien sûr, personne ne connaît Zablvacia car ce pays n’existe que grâce à l’imagination fertile de Gary Pedler, auteur de ce petit bijou humoristique. J’avoue, j’ai gloussé et ricané en suivant l’intrigue tumultueuse. Au début, je pensais être témoin de la version balkanique d’un coming-out qui tournerait terriblement mal, mais l’événement, une sorte de pet mouillé rigolo, ne se révèle que simple déclencheur de tout ce qui suit. À commencer par le projet farfelu de la collègue de Davor, projet qui consiste à vendre des biscuits (et autres produits) de la nouvelle marque « Good Enough » avec l’argument marketing que si vous achetez « Good Enough », vous économiserez de l’argent (personne ne mangera deux biscuits parce que un seul est « good enough », c’est-à-dire un, ça va) pour arriver au propre plan de Davor, tout aussi farfelu, qui veut transformer un petit pays poussiéreux, démodé et sans ambition en nouvelle Mecque des gay, j’ai découvert d’autres petits détails hilarants tout au long de la lecture.

En fait, Gaydonia est une espèce de vaudeville mordant qui critique avec charme et esprit subtils les excès du tourisme de masse et la promptitude de beaucoup de gens de tout sacrifier pour gagner de l’argent, que ce soit leur culture, leurs traditions, leur langue même. Ça m’a souvent rappelé non seulement mon pays d’origine, l’Autriche, où des vallées entières ressemblent à un Disneyland alpin aseptisé, mais aussi Venise, vidée de sa population autochtone car, tout simplement, le logement sur les îles lagunaires est devenu trop cher. Ce que j’ai également trouvé drôle, c’est le fait que les seuls à ne pas être emballés par le Projet Gaydonia et l’argent qu’il rapporterait étaient la mère âgée, Vuksa, et Cliff, l’étranger, qui aime Zablvacia précisément parce que ce n’est pas une copie sans saveur et sans relief de US-Land – il dit à un moment qu’il est venu à Zablvacia « pour le côté pittoresque et non pour le côté queer » (« for quaintness not queerness », traduction par moi-même).

Un livre très amusant et divertissant, en effet, ludique, imaginatif, habilement écrit, professionnellement édité, avec des rebondissements à la pelle, présentant des personnages attachants et décalés – Vuksa et son penchant pour les spiritueux locaux, Nevenka et ses moues d’ado, Marija à l’esprit pratique, Davor le mec qui ne pige pas tout, Cliff et son sens critique, le ministre en chef Petrak à la tête dans les nuages, etc. Livre fortement recommandé.

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Exemplaire lu

L’auteur nous a fourni un exemplaire gratuit de Gaydonia pour que nous puissions vous livrer une critique honnête et sincère. Cette fiche de lecture a été publiée en anglais sur le site Rainbow Book Book Reviews.

Auteur

Né au début des années 70, j’ai grandi dans un petit village en Autriche. À 18 ans, j’ai migré à Vienne pour faire mon master en sciences politiques, français et espagnol. Aujourd’hui, je vis à Paris avec mon copain et travaille comme graphiste. Pendant mon temps libre, j’écris, je lis, je mitonne de bons petits plats, je prends des photos et je pars en voyage dès que je peux (en Italie, au Portugal, au Maroc, en Égypte, au Royaume-Uni et autres). Mes goûts littéraires sont éclectiques, allant de romans fantastiques et polars en passant par des romances gay jusqu’aux romans dystopiques. Mais je ne dirai pas non à un recueil de poésie ou un bon livre sur l’histoire non plus. Je suis plutôt le genre à porter un sweatshirt à capuche, une paire de jeans et des baskets qu’un costume et une cravate. À ce jour, j’ai publié plusieurs collections de nouvelles et de poèmes en anglais. Mon premier roman policier « Le cercueil farci », dans lequel je présente Damien Drechsler et le fringant étudiant Nikos, est paru en décembre 2018. Les versions anglaise et allemande sont également disponibles. Actuellement, je travaille sur la suite des aventures de Damien Drechsler. Sous mon pseudonymé "ParisDude", j’écris des critiques littéraires sur ce site, mais également en anglais sur le site "Rainbow Book Reviews". Plus d'informations sur mon site http://www.dietermoitzi.com

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