PRIX DU ROMAN GAY 2020

Un compte-rendu très personnel

Pour faire dans le cliché usé jusqu’à la nausée, c’est une drôle d’époque dans laquelle nous vivons. Ainsi, j’ai passé ma journée les yeux rivés sur mon écran ; rien d’étonnant pour un graphiste, me direz-vous, mais je suivais surtout l’avancée du décompte des voix pour les élections présidentielles aux US, avec alternativement un coup d’œil à CNN et un à Fox News (n’y voyez aucune préférence ni accointance politiques, je l’ai fait par esprit d’équilibre, et puis j’avoue que Fox News avait des graphiques plus jolis). Et ainsi, la proclamation du Prix du roman gay 2020, qui, l’année dernière, a donné lieu à de jolies rencontres in vivo, si j’ose dire, se déroule, confinement oblige, sur Internet (la liste des gagnant(e)s se trouve plus bas). En effet, j’ai reçu l’invitation voici quelques jours, et je me suis fait une petite note mentale pour ne pas louper l’événement, qui est programmé pour ce soir, mercredi 4 novembre, à 18 heures sur un canal Youtube.

Bon, à 18 heures, je sors tout juste du bureau (eh non, je ne télétravaille pas) pour rentrer chez moi à pied (eh oui, j’ai cette chance de travailler à une vingtaine de minutes de marche de mon domicile). Je dévale donc la Rue Danjou, écouteurs vissés sur la tête, téléphone portable branché sur le lien Youtube, le pas alerte et vif car appel de l’apéro qui m’attend chez moi et froid de voleur et de gueux. Avec deux petites minutes de retard, la vidéo démarre, et je reconnais le visage souriant de Gérard Goyet, une nouvelle fois maître de cérémonie, à qui j’ai encore serré la main l’année dernière – geste devenu entre-temps presque impensable.

Le palmarès commence donc par l’annonce tant attendu du Prix du roman gay 2020 tout court, celui qui n’est affublé d’aucune sous-catégorie, suivie par une vidéo de remerciement de l’auteur. J’ai débouché dans l’Avenue Édouard Vaillant, voitures, motos, bus et camions vrombissent à ma gauche comme si le confinement n’était qu’une légende lointaine, et je me vois obligé d’augmenter le volume à tel point que mon portable me demande si je suis sûr de mon coup car j’atteins apparemment un niveau considéré nocif pour les esgourdes.

Je marche, j’écoute, les prix et les remerciements s’enchaînent. Puis, d’un seul coup, silence, suivi de musique classique. La classe internationale, me dis-je ; ils nous font même un petit interlude musical. Mais quand le son de l’orchestre continue de me remplir les oreilles, je vérifie sur mon portable. Non, j’ai dû toucher par inadvertance l’écran du téléphone, lové dans la poche de mon manteau, et je suis maintenant sur une vidéo de la Götterdämmerung de Wagner – au secours ! Je retourne dare-dare sur le Prix du roman gay et vois donc le restant de la cérémonie sans encombre.

C’est encore un beau palmarès, et les interventions des auteur(e)s fort intéressantes. Tous saluent unanimement l’importance de ce prix, qui récompense des talents d’origines et horizons divers. J’entr’aperçois même un joli torse velu aux tétons qui pointent, c’est dire à quel point c’est plus alléchant que la cérémonie du Goncourt. Tout le monde est d’accord que c’est essentiel de donner une visibilité à nos expériences, d’en parler, et de soutenir les auteur(e)s qui le font. Ou comme le dit Michaël Brice : « Ce prix, c’est vous, c’est moi, c’est notre épopée. »

Tout d’abord, je dis un grand bravo à toutes celles et tous ceux qui ont remporté le prix cette année.

J’ai constaté qu’il y avait moins de catégories (pas de Prix du roman historique, par exemple, ni de Prix du recueil de poésie, ni de Prix du roman policier, pour n’en citer que quelques-uns) et qu’un des livres dont nous avons parlé sur ce site, Contre toute attente de Michaël Brice, a gagné le Prix Découverte (mes félicitations les plus chaleureuses !). Près d’une cinquantaine d’autres livres ont fini dans la Sélection du jury, par ailleurs, dont certains que nous avons également présentés sur notre site : Condamnés de Peter Avondo, L’amant fantasmatique de Guy Bordin… et mon propre polar, Jusqu’à ce que la mort nous sépare, ce qui est un grand honneur pour moi (et oui, ParisDude et Dieter Moitzi, c’est la même personne). Vous trouverez la liste complète des livres inclus dans cette prestigieuse Sélection sur le site des Éditions du frigo, et le palmarès complet plus bas sur ce site mais aussi ici.

Je félicite tout le monde, et je voudrais ici faire un double-appel, d’abord aux gagnant(e)s, mais aussi à celles et ceux qui sont inclus(e)s dans la Sélection : nous serons heureux de présenter votre livre sur ce site, dont c’est la vocation, après tout. Donc, si vous voulez bien nous faire parvenir votre ouvrage, n’hésitez pas à nous contacter par mail ou sur notre page Facebook. Nous nous ferons un plaisir de le lire et d’en parler ici.

PALMARÈS 2020

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2 commentaires sur “PRIX DU ROMAN GAY 2020”

  1. Bon… Je viens de vous envoyer un mail car je n’avais pas vu cet espace « commentaire ». Je ne vais pas me répéter (d’autant que j’ai été longue et que ce n’était pas forcément intéressant) mais je ne peux pas ne pas vous redire MERCI pour ce petit coup de poignard qu’en passant vous donnez aux « sous-catégories » (que pour ma part, vous l’aurez lu dans mon mail je rends par les yeux, parce qu’elles enferment au lieu d’ouvrir).
    J’attends dans quelle catégorie on mettra le gars qui écrit des polars :

    – qui se passent systématiquement en haute montagne,
    – dont le personnage principal est un inspecteur écolo,
    – fin cuisinier qui donne quantité de recettes au fil des romans,
    – qui va régulièrement rendre visite à ses parents agriculteurs,
    – qui est par ailleurs homosexuel :

    « green polar » ?
    Polar régional (puisque non parisien, catégorie forcément supérieure !) ?
    Et sous-catégorie « polar montagnard ?
    Polar rural (à cause des parents du gars) ?
    Polar gastronomique (à cause des recettes)
    Polar gay ?..
    Ceci sans parler des catégories déjà entérinées : « noir », « thriller »…
    N’en jetez plus
    Bon j’arrête car je m’énerve et je suis en train de refaire mon mail !!! 🙂
    Cordialement
    Emsi

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