Couchsurfing: The Musical (de ParisDude)

Titre : Couchsurfing: The Musical
Auteur : Gary Pedler
Éditeur : Adelaide Books LLC
Date de parution : 7 avril 2019
Genre(s) : Récit de voyages
Pages : 234
Lu par : ParisDude
Lu en VO : Anglais (américain)
Sensualité : 0 flamme sur 5
Note : 5 étoiles sur 5

Synopsis

« Couchsurfing: the Musical » charts both a physical and psychological journey as author explores the fast-growing travel phenomenon of Couchsurfing. Middle-aged and set in his ways, he starts as a skeptic. Who would want to spend the night in the home of a complete stranger? While knocking on the doors of thirty-five of these strangers across nine countries, starting in Tel Aviv and ending in Boston, he realizes that He would, and maybe he’ll not only save money, but find himself changed for the better by the experience. Balancing the forward motion of his Couchsurfing adventures are glimpses back into the past, seen through the quirky lens of musicals that have played a part in his life.

J’ai rencontré Gary Pedler la semaine dernière lors d’une réunion du Club littéraire du Marais, un club d’écrivains gays de Paris, où moi et ma moitié avons été invités pour parler de ce site, livresgay. Le lendemain, Gary m’a envoyé un e-mail me demandant si j’avais envie lire son récit de voyages, Couchsurfing, et j’ai accepté. Bien sûr, lire le livre de quelqu’un que je connais personnellement est toujours un défi pour moi. Comment faire si jamais je n’aime pas le livre ? Comment faire si jamais je trouve l’écriture mauvaise, le sujet ennuyeux, l’intrigue stupide ? Je ne sais pas être diplomate ; d’un autre côté, je déteste encore plus les conflits et la méchanceté gratuite. Dans le meilleur des cas, c’est comme marcher sur la tranche aiguisée d’un couteau que de lire et de critiquer le livre d’un ami. Dilemme, dilemme. Mais j’ai téléchargé le bouquin, je l’ai ouvert, je me suis plongé dedans… et je l’aurais lu d’une traite si ma moitié ne m’avait rappelé à un moment qu’il serait temps de souper (je pense qu’il y a eu un soupir, puis les mots « Si tu te sens capable de lever tes yeux de l’écran, penses-tu que nous pourrions enfin manger ? »). Ça signifie que mon anxiété était totalement injustifiée. Je ne sais pas ce que je craignais, des diatribes genre « bitchy » ou le récit d’explorations auto-satisfaites d’endroits à la mode peut-être, mais je n’ai rien eu de tout ça. J’ai lu le dernier chapitre le lendemain, avec le même plaisir que le premier, entre l’apéritif et le souper (qui est pour une fois tombé plus tôt dans la soirée).

Ce livre est exactement ce que je pense qu’un mémoire de voyage devrait être. Des lieux exotiques (enfin, pour moi, la plupart d’entre eux l’étaient) racontés d’un point de vue particulier. Dans le cas, l’aspect particulier commence par le mode de voyage. Le couchsurfing est un moyen de voyager sans payer de logement – ou, comme le clame le site Internet du même nom : « Vous avez des amis partout dans le monde, vous ne les avez tout simplement pas encore rencontrés. » En d’autres termes, vous rejoignez le site, vous sélectionnez les endroits que vous souhaitez visiter, et vous contactez plusieurs hôtes disponibles pour leur demander s’ils peuvent vous accueillir pendant la période sélectionnée. Gratuitement. Le livre commence par Gary Pedler expliquant qu’il était en train de faire un tour du monde quand, à Amman, en Jordanie, il a décidé d’essayer le couchsurfing. Il explique également le titre particulier de son livre (notamment le sous-titre, The Musical), premier passage qui m’a fait rire – il y en avait pleins d’autres ensuite. Je suppose que c’est le moment où je me suis dit que j’allais beaucoup aimer ce livre. J’ai suivi Gary à Tel Aviv, Jérusalem, Rammalah et Nazareth (Israël et Palestine) ; puis à Paris (pas d’exotisme touristique dans ce cas, du moins pour moi) ; Hambourg, Cologne et Constance (Allemagne) ; Bregenz, Vienne, Klagenfurt (Autriche, donc bien sûr je connaissais ces villes) ; Trieste et Venise (deux de mes villes italiennes préférées) ; le Royaume-Uni et l’Irlande ; la côte est des États-Unis ; et last but not least, Montréal, Canada.

Maintenant, si vous cherchez un livre sur les sites et attractions touristiques, vous devriez plutôt vous procurer un guide. Les mémoires de voyage incluent parfois ce genre d’informations, mais celles-ci ne sont pas leur sujet principal, et c’est une bonne chose. Comme je l’ai dit, j’espérais un point de vue particulier, et Gary l’a fourni tout au long du livre. D’une part, il est gay et ne se cache pas. Deuxièmement, il s’est concentré sur le feeling, les sensations et perceptions personnelles des lieux qu’il a visités (pas tous touristiques), et le plus intéressant : il s’est concentré sur les personnes qu’il a rencontrées. C’est exactement ça que devrait être le voyage, à mon humble avis : rencontrer des gens, partager des choses avec eux, échanger avec eux. Comme il changeait de logement assez souvent, cela m’a permis d’avoir une meilleure idée, disons, d’Israël ou de la Palestine, ou de Hambourg, ou de l’Irlande secouée par la crise. Car non seulement Gary est un observateur vif, astucieux et honnête – je n’oserais pas écrire la moitié des trucs qu’il a écrits en termes de descriptions physiques très sincères de personnes qui existent réellement et qui m’ont rencontré –, mais aussi quelqu’un qui, bien qu’il dise le contraire, aime rencontrer des gens et aime poser des questions. Ces questions ont tendance à être très personnelles et pertinentes, d’une manière qu’il pourrait lui-même nommer « américaine », mais au moins, ces questions déclenchent toujours des réactions intéressantes, voire des réponses révélatrices. Les discussions sur Israël qu’il a suscitées étaient fascinantes – vous ne pouvez pas expliquer le Moyen-Orient, j’en suis sûr ; vous pouvez seulement en faire l’expérience et essayer de trouver les mots pour le décrire. Ce sont deux des meilleures choses que j’ai trouvées dans ce livre : Gary a une façon unique de se regarder lui-même ainsi que ses compagnons humains, et il a également trouvé une façon agréable de mettre ces choses en mots.

Ma lecture m’a fait penser à Graham Greene, à savoir ses Voyages avec ma tante (le personnage principal est l’un de ces hommes pseudo-hétéros de l’ère post-Victorienne qui ont un air crypto-gay pour moi, avec très peu de « crypto- », dans le cas précis), mais aussi aux innombrables livres de voyage de Mark Twain. Le style d’écriture de Pedler n’est pas aussi « vieillot » que celui de Twain peut parfois le paraître, mais ses analyses sont tout aussi ironiques et fines, en d’autres termes, très agréables et drôles à lire. Par exemple, pour moi en tant qu’étranger vivant à Paris, son appréciation de Paris dans son ensemble, des Français et notamment des Parisiens en particulier, m’a souvent donné l’impression d’une description de les personnes que je connaissais. C’étaient des types qui, loin d’être des stéréotypes, étaient presque des archétypes. Pedler entrelace son exploration des humains et des paysages urbains (principalement dans les banlieues) avec des souvenirs de ses jeunes années passées dans la Napa Valley en Californie, qui sont tout aussi gratifiants. J’ai non seulement pu rencontrer des étrangers de différents pays, mais aussi cet étranger particulier qu’est Gary Pedler. Un homme attachant avec des actions et des réactions parfois étranges, mais avec une façon intéressante de penser, de réfléchir et d’analyser. Imaginez un homme gay et plutôt reserve, limite timide, d’une petite cinquantaine d’années, qui, pour ses voyages, tente l’aventure en utilisant un mode d’hébergement qui, à première vue, n’est absolument pas sa tasse de thé. Qui doit encore et encore sortir de sa zone de confort pour profiter de cette aventure. Qui en fin de compte non seulement l’apprécie même lors d’expériences plus austères, mais en tire également quelque chose qu’il est en mesure de partager avec ses lecteurs.

La lecture de ce livre a été pour moi une aventure salutaire, un voyage très agréable. Je ne suis pas sûr d’être prêt à faire du couchsurfing, mais je suis sûr que je peux recommander ce livre sans hésitation aucune.

Amazon Page auteur Sur Goodreads Sur Indiebound

Exemplaire lu

Un exemplaire gratuit de Couchsurfing: The Musical nous a été fourni par l’auteur en VO, en échange d’une critique sincère. Cette fiche de lecture a été publiée en anglais sur le site Rainbow Book Book Reviews.

Auteur

Né au début des années 70, j’ai grandi dans un petit village en Autriche. À 18 ans, j’ai migré à Vienne pour faire mon master en sciences politiques, français et espagnol. Aujourd’hui, je vis à Paris avec mon copain et travaille comme graphiste. Pendant mon temps libre, j’écris, je lis, je mitonne de bons petits plats, je prends des photos et je pars en voyage dès que je peux (en Italie, au Portugal, au Maroc, en Égypte, au Royaume-Uni et autres). Mes goûts littéraires sont éclectiques, allant de romans fantastiques et polars en passant par des romances gay jusqu’aux romans dystopiques. Mais je ne dirai pas non à un recueil de poésie ou un bon livre sur l’histoire non plus. Je suis plutôt le genre à porter un sweatshirt à capuche, une paire de jeans et des baskets qu’un costume et une cravate. À ce jour, j’ai publié plusieurs collections de nouvelles et de poèmes en anglais. Mon premier roman policier « Le cercueil farci », dans lequel je présente Damien Drechsler et le fringant étudiant Nikos, est paru en décembre 2018. Les versions anglaise et allemande sont également disponibles. Actuellement, je travaille sur la suite des aventures de Damien Drechsler. Sous mon pseudonymé "ParisDude", j’écris des critiques littéraires sur ce site, mais également en anglais sur le site "Rainbow Book Reviews". Plus d'informations sur mon site http://www.dietermoitzi.com

2 comments

  • A great compliment to compared to the literary style of Mark Twain, and I concur that Gary Pedler’s talent in telling a story comes from his own inquisitive nature. I have not read Coachsurfing The Musical (yet) but this review certainly adds momentum towards that eventuality. Particularly the reference to the nuanced look at the Middle East which promises to be an interesting interpretation. Although I am slightly disappointed that apparently the memoir has no « Flames » assigned to it, I will search out sensuality in other of the many reviews on this site.

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    • There are novels where the plot is served (sometimes I’d even say: saved) by « hot » scenes. Others are just as fine without, such as this one 🙂 But it is indeed worth the try, I utterly enjoyed reading it.

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