La conspiration des scorpions (de ParisDude)

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Philippe Gimet, « La conspiration des scorpions »

Titre : La conspiration des scorpions (Le Dioscure, tome 3)
Auteur : Philippe Gimet
Publié par : H&O
Publié le : 31 octobre 2018
Genre(s) : Polar historique
Pages : 256
Lu par : ParisDude
Sensualité : 5 flammes sur 5
Note : 5 étoiles sur 5

Synopsis

Août 1626. Tandis qu’à Nantes on exécute pour haute trahison le comte de Chalais, favori répudié de Louis XIII, une conjuration diabolique se trame à Paris, dans l’ombre des palais, frappant ses propres membres de terreur et de mort. Le Dioscure, demi-frère du Roi, appelé à enquêter sur le décès du maréchal d’Or­nano, ancien précepteur de Gaston d’Orléans, va devoir démêler un écheveau où se brouillent amitiés, amours et déloyautés sur fond de conflits religieux. Payant hardiment de sa personne, jouant sans hésiter de ses virils appas, notre royal enquêteur aura fort affaire quand la peste, fléau de ce siècle, s’invitera au bal des comploteurs ! Ce troisième opus de la série policière historique de Philippe Gimet nous plonge une nouvelle fois dans le tourbillon luxurieux des affaires de cour où l’on ne mouchette pas davantage les fleurets que le langage : un autre regard, salutaire et divertissant, sur les débuts du XVIIe siècle !

Quand on aime, comme moi, tout autant les livres gay que l’Histoire, il est toujours jubilatoire d’ouvrir un nouvel ouvrage de Philippe Gimet, tant il est devenu maître incontestable de polars mêlant fiction et faits et personnages historiques avérés. Dans ce dernier opus, nous retrouvons notre Dioscure, le fourmillant et pétillant Louis « Louison » de Bourbon-Verneuil, fils bâtard légitimé de feu le bon roi Henri IV et frère jumeau tout à fait fictif d’Henri de Bourbon-Verneuil, qui a, lui, bel et bien existé. Nous sommes en 1626 (Louison a donc 25 ans), et la guerre de Trente Ans fait rage chez les voisins allemands depuis maintenant huit ans. Nulle mention n’en est faite ni dans ce livre ni dans les conversations des différents protagonistes, et pour cause. Depuis la réconciliation entre le roi Louis XIII, illustre demi-frère de Louison, et la reine-mère Marie de Médicis, l’ancien soutien de celle-ci est devenu l’homme fort du royaume : le cardinal de Richelieu. Sur lui reposent les affaires de l’État ; la cour et le roi, en revanche, s’intéressent davantage aux diverses intrigues, complots, cabales et machinations internes.

La dernière en date, encore toute fraîche d’ailleurs, et par laquelle débute ce livre, est « la conspiration de Chalais », avortée, bien sûr, et qui porte le nom du malheureux Henri de Talleyrand-Périgord, comte de Chalais, qui y a laissé la tête. Pour placer l’intrigue : le roi n’est pas partant du tout pour partager la couche de sa royale épouse Anne d’Autriche, tellement il est occupé à poursuivre diverses bondieuseries et se divertir dans les bras de robustes mâles de son entourage. La position de la reine, dont l’unique raison d’être est, après tout, de fournir un fils et héritier au roi et au royaume (difficile quand on est rarement honoré par son époux), s’avère de plus en plus difficile à défendre. Celle du roi s’en voit également affaiblie, car en l’absence d’héritier mâle, son prétendant n’est nul autre que son propre frère Monsieur, Gaston d’Orléans, petite frappe, fils à maman et au cœur de cette « conspiration de Chalais », dont le but était d’écarter le roi et mettre Gaston à sa place. Le complot ayant été découvert, les châtiments ont suivi, gradués selon le rang de tout un chacun, bien entendu : pour Gaston, à peine un froncement de soucils ; pour l’intrigante duchesse de Chevreuse, l’injonction d’aller voir chez le duc de Lorraine si l’herbe y était plus verte ; pour d’autres soutiens de la haute noblesse, la prison de Vincennes ; et pour Chalais, simple comte, le billot.

Or, un des anciens soutiens de Monsieur emprisonnés, son précepteur en l’occurrence, meurt soudain dans des circonstances troublantes dans sa luxueuse cellule à Vincennes. Raison suffisante pour que Louison, notre 007 d’Ancien Régime avec sa licence (royale) de tuer, soit dépêché sur place pour mener l’enquête. Accompagné de son valet et confident, le valeureux et perspicace Castor (dont on ferait bien son quatre heures), il découvre de troublants indices prouvant qu’il s’agit d’un meurtre. Le modus operandi s’avère ingénieux et assez exotique. Je ne révélerai pas de quoi il s’agit (mais regardez bien le titre de l’ouvrage – je dis ça, je ne dis rien…) pour ne pas vous gâcher le plaisir de le découvrir par vous-même. S’ensuivent d’autres décès suspects ainsi que des tentatives d’éliminer Louison, auxquelles, fort heureusement, il échappe. Aidé par l’âme damnée de Richelieu, le père Joseph (personnage historique, par ailleurs), il mène son enquête, tantôt en cavalcades effrénés, et, comme à son accoutumée, tantôt en position… horizontale – et encore, dire « à l’horizontale » serait ne point faire honneur aux diverses positions parfois acrobatiques auxquelles notre protagoniste s’essaie.

Eh oui, Louison enquête, et Louison baise. Beaucoup. Voyez-vous, il aime ça, depuis le premier tome d’ailleurs. Tout ce qui est mâle et un tant soit peu consentant l’attire : jeunes, vieux, gentilshommes, paysans, pages, ecclésiastiques, hommes glabres, hommes généreusement toisonnés – Louison n’est pas bégueule pour un Louis d’Or. Les descriptions de l’acte charnel à répétition, pourrait-on croire, deviennent lassantes à la longue, mais que nenni ! Oncques – ô, quel superbe mot signifiant « jamais », malheureusement tombé en désuétude et qu’il serait urgent de ressusciter pour un usage courant – oncques, donc, Philippe Gimet ne se répète, renouvelant sans cesse participants, actions, ambiances, odeurs, et… mots. Car oui, cet opus est encore un festival de mots, dont beaucoup exquisément surannés, superbement graphiques, d’une sonorité parfaite et utilisés de façon tout à fait jouissive. Je répète l’adjectif employé au début de cette critique pour dire que lire Philippe Gimet est un exercice jubilatoire quand on aime les mots. Ce monsieur s’éclate en écrivant ; nous, on s’éclate en lisant. Le rythme nous tient en haleine, comme toujours ; le dénouement est peut-être un peu attendu, mais amené de main de maître. Vivement que le Dioscure ne prenne jamais sa retraite et que M. Gimet nous livre encore moult nouvelle aventure.

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Auteur

Né au début des années 70, j’ai grandi dans un petit village en Autriche. À 18 ans, j’ai migré à Vienne pour faire mon master en sciences politiques, français et espagnol. Aujourd’hui, je vis à Paris avec mon copain et travaille comme graphiste. Pendant mon temps libre, j’écris, je lis, je mitonne de bons petits plats, je prends des photos et je pars en voyage dès que je peux (en Italie, au Portugal, au Maroc, en Égypte, au Royaume-Uni et autres). Mes goûts littéraires sont éclectiques, allant de romans fantastiques et polars en passant par des romances gay jusqu’aux romans dystopiques. Mais je ne dirai pas non à un recueil de poésie ou un bon livre sur l’histoire non plus. Je suis plutôt le genre à porter un sweatshirt à capuche, une paire de jeans et des baskets qu’un costume et une cravate. À ce jour, j’ai publié plusieurs collections de nouvelles et de poèmes en anglais. Mon premier roman policier « Le cercueil farci », dans lequel je présente Damien Drechsler et le fringant étudiant Nikos, est paru en décembre 2018. Les versions anglaise et allemande sont également disponibles. Actuellement, je travaille sur la suite des aventures de Damien Drechsler. Sous mon pseudonymé "ParisDude", j’écris des critiques littéraires sur ce site, mais également en anglais sur le site "Gay Book Reviews". Plus d'informations sur mon site http://www.dietermoitzi.com

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