Le cœur de foudre (de ParisDude)


Auteur : T.J. Klune
Titre : Le coeur de foudre : Les contes de Verania, tome 1
Publié par : MxM Bookmark
Publié le : 14 août 2019
Genre(s) : Fantasy
Pages : 594
Lu par : ParisDude
Sensualité : 3 flammes sur 5
Note : 5 étoiles sur 5

Synopsis

Il était une fois, dans une ruelle des quartiers pauvres de la Cité de Lockes, un jeune homme plutôt solitaire, du nom de Sam Haversford.

Quand celui-ci transforme – tout à fait accidentellement – un groupe d’adolescents débiles en pierre, il attire bien malgré lui l’attention d’une puissance supérieure qui l’arrache au seul monde qu’il connaît pour devenir l’apprenti du plus important sorcier du royaume, Morgan des Ombres.

À l’âge de quatorze ans, il pénètre dans la forêt de Bois Obscurs d’où il revient avec Gary, la licorne gay sans corne et un semi-géant du nom de Tiggy, ce qui lui vaut le surnom de Sam l’Indomptable.

À l’âge de quinze ans, il comprend ce qu’est vraiment l’amour quand un nouveau chevalier arrive au château. Sir Ryan Foxheart, l’incarnation du plus beau rêve qu’on puisse imaginer.

Mais tout tombe à l’eau quand, au fil des ans, Ryan s’éprend du répréhensible prince Justin, que Sam ne peut pas contrôler sa magie, qu’un dragon sexuellement agressif kidnappe le prince, que le roi les envoie à son secours, et que Sam tombe de plus en plus amoureux de la seule personne qu’il ne pourra jamais avoir.

Enfin, ça c’est ce qu’il croit.

Je me suis souvent demandé d’où venait ma fascination et mon amour pour les romans « fantasy », les livres qui parlent de royaumes imaginaires, de contrées inexistantes, de rois, de princes, de magie, d’elfes, de sorcières et de forêts enchantées. Quand ces livres sont bien écrits et leur univers est bien construit, je pense que ça me rappelle tout bêtement les contes de fées que j’ai pu lire dans mon enfance, et que c’est une façon comme une autre de toucher cet enfant en moi.

Maintenant, imaginez un monde avec un roi bon et juste ; avec un prince, son fils Justin, beau et distant ; avec un sorcier ombrageux et puissant, Morgan ; avec son jeune apprenti, Sam, à qui l’on devine un grand avenir ; avec des créatures magiques et loyales qui l’entourent : la licorne Gary et le semi-géant Tiggy ; et, bien sûr, avec un preux chevalier, Sir Ryan Foxheart, jeune et beau et valeureux. C’est le royaume de Verania, et la série de T.J. Klune parle de ce royaume et des dangers qui le guettent.

Mais. Ce que vous n’imaginez certainement pas, c’est que ce monde imaginaire avec ces héros et vilains n’est pas comme dans n’importe quelle série « fantasy ». Même pas du tout. Car Klune a ajouté un ingrédient essentiel sans lequel toute cette merveilleuse construction s’écroulerait : la gay attitude. Il en met, et pas qu’un peu, non, il en déverse des louches et des louches entières. Et le plus beau dans cette histoire : ça marche. On peut être un peu déconcerté au début de constater que tout le monde, plus ou moins, est gay, dans ces bouquins. Sam, le jeune Sam, pour commencer ; notre protagoniste principal, qui nous narre ses aventures à la première personne. Bien sûr, il en pince pour le preux chevalier Ryan, ce jeune homme beau, musclé et ténébreux dont on rêverait tous (avec draps qui s’en souviennent et tout le tralala) ; il en pince comme une midinette. Malheureusement pour lui, le chevalier est déjà… le promis officiel du jeune prince Justin. Eh oui, dans le royaume merveilleux de Verania, que l’on soit hétéro-, homo-, bi-, pan- ou asexuel (pour ne citer que quelques variantes), tout le monde non seulement s’en fout mais trouve ça parfaitement normal. Même le vieux roi (qui a de beaux restes – un savoureux sugar daddy, apparemment) y va souvent de ses petites allusions qui laissent supposer qu’il n’a pas dû courir que la reine, dans sa prime jeunesse, et que ce ne sont probablement pas que des femmes qui égaient son veuvage.

Donc, tout le monde est gay. Peut-être pas Tiggy, le semi-géant, un peu simplet mais attachant, ni le grand sorcier Morgan, que l’on devine asexuel. Mais Gary, la licorne qui a perdu sa corne, à son grand désarroi, l’est. Gay, je veux dire. C’est une grande folle de Chaillot, haut en couleurs, tonitruant, obsédé du sexe, perso, rancunier – on dirait une drag queen sous acide, la plupart du temps. Puis, l’histoire de ce premier tome tourne autour d’une quête, comme il se doit dans ce genre de livres. Un dragon enlève le prince, et notre joyeuse compagnie – Sam, Tiggy, Gary et Ryan – est envoyée à sa rescousse. Ça nous tient en haleine, surtout que la romance entre Sam et Ryan commence à se préciser de plus en plus (et qu’ils sont mignons, ces deux-là !), mais même ce dragon… est gay ! Et à peu près aussi obsédé du derche que Gary !

Voilà, on devine qu’il s’agit ici d’une parodie du genre « fantasy », une caricature en bonne et due forme. Et ça l’est. Surtout en bonne et due forme ; je dirais même en super-bonne et due forme. Car on rit ! On rit, on rit, on rit. Je me suis surpris en train de glousser comme un idiot presque tout le long de la lecture et éclater de rire carrément aux passages les plus croustillants. Déjà, les personnages eux-mêmes invitent à l’hilarité parce qu’ils sont tous un peu « jetés ». Okay, d’accord – ils sont complètement barjots, je l’avoue. Mais surtout, ils disent tout ce qui leur traverse l’esprit, et ça donne souvent un grand n’importe quoi, dans des termes salaces, mais jouissivement salaces, si j’ose dire. Les dialogues entre Sam et Gary notamment valent leur pesant de cacahuètes, et ça dès le début. Ils ne pensent qu’à ça, ils ne parlent que de ça, ça part dans tous les sens. Tout le long du bouquin, d’ailleurs, à un point où l’on se demande parfois où ça va nous emmener. Mais Klune sait ce qu’il fait, il garde les rênes de son récit d’une main ferme et nous fait atteindre la fin sans se perdre.

Donc, en un mot, c’est un livre que j’ai lu avec un immense plaisir et que je vais sûrement relire plus d’une fois. Rien de mieux pour apporter un rayon de soleil joyeux dans la grisaille de l’automne. Avis aux amateurs de VO : la version anglaise est encore un poil plus désopilante, plus légère là où la traduction française m’a parue par endroits un peu empesée, donc si vous aimez lire en anglais, procurez-vous plutôt cette version-là (recommandation d’autant plus judicieuse qu’en anglais, vous pouvez enchaîner sur les trois autres tomes de la série tout de suite alors qu’en français, on n’en est, pour l’instant, qu’au tome 2 – nous en parlerons prochainement).

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Nous avons acheté un exemplaire de Le coeur de foudre : Les contes de Verania, T1.

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Auteur

Né au début des années 70, j’ai grandi dans un petit village en Autriche. À 18 ans, j’ai migré à Vienne pour faire mon master en sciences politiques, français et espagnol. Aujourd’hui, je vis à Paris avec mon copain et travaille comme graphiste. Pendant mon temps libre, j’écris, je lis, je mitonne de bons petits plats, je prends des photos et je pars en voyage dès que je peux (en Italie, au Portugal, au Maroc, en Égypte, au Royaume-Uni et autres). Mes goûts littéraires sont éclectiques, allant de romans fantastiques et polars en passant par des romances gay jusqu’aux romans dystopiques. Mais je ne dirai pas non à un recueil de poésie ou un bon livre sur l’histoire non plus. Je suis plutôt le genre à porter un sweatshirt à capuche, une paire de jeans et des baskets qu’un costume et une cravate. À ce jour, j’ai publié plusieurs collections de nouvelles et de poèmes en anglais. Mon premier roman policier « Le cercueil farci », dans lequel je présente Damien Drechsler et le fringant étudiant Nikos, est paru en décembre 2018. Les versions anglaise et allemande sont également disponibles. Actuellement, je travaille sur la suite des aventures de Damien Drechsler. Sous mon pseudonymé "ParisDude", j’écris des critiques littéraires sur ce site, mais également en anglais sur le site "Gay Book Reviews". Plus d'informations sur mon site http://www.dietermoitzi.com

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