A Cry in the Desert (de ParisDude)


Titre : A Cry in the Desert
Auteur : Jed A. Bryan
Éditeur : ReQueered Tales
Date de parution : 30 juin 2020 (première édition 1987)
Genre(s) : Littérature, Roman dystopique
Pages : 385
Lu par : ParisDude
Lu en VO : Anglais (américain)
Sensualité : 0 flamme sur 5
Note : 5 étoiles sur 5

Synopsis

A story of the battle against tyranny that remains as relevant now as when it was written.

A group of friends living in Las Vegas are happy and successful: doctors, lawyers, journalists, and decorators. However, their lives go from utopian to dystopian when a law passes to allow the quarantine of those suspected to have AIDS. The government, in a blatant overreach, closes the Nevada border. Those tagged as homosexuals disappear in the middle of the night. Spurred on, former Public Defender wunderkind Larry Armstrong and his lover Dr. Carl Woodsford fight Dr. Alfred Botts, a brilliant strategist who creates a concentration camp in the middle of the Nevada desert where, once behind the tall walls, people are never seen again. They fight him in the halls of hospitals and in the halls of justice but are constantly outmaneuvered by others in high places that are loyal to Botts or being blackmailed into supporting him. As more and more of their friends are snatched in the night, their fight must go underground if they have any hope to stop Botts!

Originally published in 1987, this dystopian tale returns for the first time in a generation. This new edition contains a 2020 foreword by the author.

Depuis ma découverte de George Orwell et Aldous Huxley à l’adolescence, je suis un grand fan de romans dystopiques, dévorant au fil des ans un large éventail d’auteurs et de livres, certains excellents, d’autres moyens. Ce qui me fait choisir encore et encore ce genre de littérature, je suppose, c’est le désir d’avoir peur, d’être choqué, de confronter ma nature intrinsèquement optimiste et positive à des récits où l’humain se positionne à l’opposé de la vision que j’ai de mes semblables. C’est comme si je voulais me rassurer par une preuve de fiction que la bassesse quotidienne, la cupidité, l’égoïsme et la stupidité pure et simple que je rencontre n’est rien comparé à ce qui pourrait être. Je reconnais un bon livre dystopique à la manière dont il m’attire, m’hypnotise et capte mon attention dès le début ; à la façon dont il me fait frissonner et me donne envie de crier ma révolte ; à la façon dont il décrit les personnes et les situations sans compromis et avec une précision, une justesse presque déprimantes. Si je me surprends à penser que les choses décrites dans le livre pourraient vraiment se passer ainsi, le tour est joué, je suis conquis.

C’est ce qui s’est produit immédiatement après l’ouverture d’A Cry in the Desert, que je mettrais parmi les meilleures dystopies que j’ai pu lire jusqu’ici. L’histoire commence au début des années quatre-vingt et se déroule au Nevada, principalement à Las Vegas et près d’Alamo. Larry Armstrong est un avocat spécialisé dans la défense des plus vulnérables. Sa carrière prometteuse s’est arrêtée temporairement quand sa femme l’a découvert dans une situation compromettante avec un autre homme. Heureusement, il peut compter sur le soutien d’un petit groupe d’amis gays, parmi lesquels le Dr Carl Woodsworth, interniste dans un hôpital local, qui a récemment commencé à soigner les premiers patients atteints du sida et s’est rapidement forgé une bonne réputation dans ce domaine. Ce que personne ne sait, c’est que le Dr Alfred Botts, qui travaille pour la branche locale du CDC (Centers for Disease Control, ou en français, Centres pour le contrôle des maladies), est sur le point de lancer une croisade contre les gais et lesbiennes, faisant d’eux les boucs émissaires du sida et créant artificiellement une panique à grande échelle. Si tout se passe comme il souhaite, il réussira à jouer hétéros contre gays, la majorité « morale » contre les « pervers inutiles », et la législation de l’État acceptera la construction d’un prétendu centre de recherche où il promet de « soigner » d’éventuelles séropositifs. En fait, cependant, le programme caché de Botts est assez différent de ce qu’il annonce. Son centre de recherche se révèle être un camp de concentration où des recherches cliniques tous azimuts sont effectuées sur des cobayes vivants.

L’intrigue se déroule avec lenteur, montrant toute l’étendue du projet machiavélique de Bott, qui se base clairement sur le conseil politique d’Hitler d’augmenter la pression par étapes incrémentielles à peine perceptibles jusqu’à ce que la majorité des gens se soient habitués au fait que leur liberté a été restreinte et qu’une minorité a été désignée, opprimée et finalement déchue de son statut d’êtres humains. C’est fait de manière experte dans ce livre, avec des indices effrayants dès le début, des signes avant-coureurs de plus en plus précis qui m’ont fait tourner les pages en retenant mon souffle. Plusieurs personnages secondaires et leurs histoires se croisent, on les suit pendant un moment avant que l’auteur ne les fasse sortir brutalement du récit à un moment donné.

À mon grand soulagement, je n’ai trouvé aucune scène de violence graphique (ou très peu), mais dans certains passages, les allusions et les indices suffisaient à me donner la nausée tellement je faisais ce travail moi-même (c’est-à-dire, imaginer des événements violents). Oui, j’admets, A Cry in the Desert n’est pas facile à lire ; ce n’est certainement pas une romance à l’eau de rose, une histoire parfumée et légère avec une touche dystopique. Il y a de la romance – les deux personnages principaux finissent par tomber amoureux l’un de l’autre –, mais l’aspect romantique est habilement utilisé pour ajouter du suspense.

C’est un livre à la lecture duquel le lecteur doit être prêt à être choqué, à avoir parfois l’impression que quelqu’un lui a donné un coup de pied dans le ventre. Pour moi, c’est juste de l’excellence dystopique pure, factuelle et horrible, et je ne pouvais pas m’empêcher de penser encore et encore : « Non ! Pas ça ! Pas cette direction ! », sachant très bien que chaque nouvelle horreur, chaque nouvelle tournure étaient logiques, inévitables, comme si elles étaient dictées par le destin. L’auteur explore avec une implacabilité presque cruelle, mais nécessaire, le chemin sans cœur et utilitaire que l’esprit humain choisit si souvent d’emprunter, pour faire avancer, soi-disant, le progrès et la science. Il montre comment des stratèges impitoyables peuvent facilement exploiter les divisions entre différents groupes humains pour atteindre leur objectif, comment même les victimes peuvent être persuadées de courir volontairement à leur perte alors que la majorité silencieuse regarde ailleurs.

J’avoue que je n’ai pas été autant ému par un livre depuis très longtemps. Ému, choqué et forcé de me demander à quel point mon optimisme quant à mes congénères pourrait être stupide et peut-être même dangereux. Les choses décrites dans ce livre pourraient vraiment arriver. Même aujourd’hui, dans notre soi-disant monde civilisé. Le roman est un plaidoyer, non, c’est un ordre pressant de ne jamais prendre nos victoires sur l’obscurantisme et les instincts bas pour acquis. L’homme est en effet un loup pour l’homme ; il est essentiel de ne jamais l’oublier.

Sur Amazon Sur GoodReads

Exemplaire lu

L’éditeur nous a fourni un exemplaire gratuit de A Cry in the Desert pour que nous puissions vous livrer une critique honnête et sincère. Cette fiche de lecture a été publiée en anglais sur le site Rainbow Book Book Reviews.

Auteur

Né au début des années 70, j’ai grandi dans un petit village en Autriche. À 18 ans, j’ai migré à Vienne pour faire mon master en sciences politiques, français et espagnol. Aujourd’hui, je vis à Paris avec mon copain et travaille comme graphiste. Pendant mon temps libre, j’écris, je lis, je mitonne de bons petits plats, je prends des photos et je pars en voyage dès que je peux (en Italie, au Portugal, au Maroc, en Égypte, au Royaume-Uni et autres). Mes goûts littéraires sont éclectiques, allant de romans fantastiques et polars en passant par des romances gay jusqu’aux romans dystopiques. Mais je ne dirai pas non à un recueil de poésie ou un bon livre sur l’histoire non plus. Je suis plutôt le genre à porter un sweatshirt à capuche, une paire de jeans et des baskets qu’un costume et une cravate. À ce jour, j’ai publié plusieurs collections de nouvelles et de poèmes en anglais. Mon premier roman policier « Le cercueil farci », dans lequel je présente Damien Drechsler et le fringant étudiant Nikos, est paru en décembre 2018. Les versions anglaise et allemande sont également disponibles. Actuellement, je travaille sur la suite des aventures de Damien Drechsler. Sous mon pseudonymé "ParisDude", j’écris des critiques littéraires sur ce site, mais également en anglais sur le site "Rainbow Book Reviews". Plus d'informations sur mon site http://www.dietermoitzi.com

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