Danger à Pine Shadow (de ParisDude)

Titre : Danger à Pine Shadow (Adrien English, tome 2)
Auteur : Josh Lanyon
Publié par : MxM Bookmark
Publié le : 6 novembre 2015
Genre(s): Polar, Suspense
Pages : 264
Lu par : ParisDude
Sensualité : 3 flammes sur 5
Note : 5 étoiles sur 5

Synopsis

Souffrant du syndrôme de la page blanche et frustré par sa relation avec Jake Riordan – le séduisant inspecteur du LAPD qui refuse de quitter son placard – Adrien English, libraire gay et auteur de romans policiers, prend des vacances dans la Californie du Nord. Sur la route, il tombe sur un mystérieux cadavre.

Mais, au moment où les shérifs arrivent, le corps a disparu et Adrien se retrouve une fois de plus à jouer au détective amateur. Quand le jeu devient mortel, Adrien se retrouve obligé de faire appel à Jake.

Jake a peut-être des doutes sur certaines choses, mais pas lorsqu’il s’agit de garder son amant en vie ; peu importe le prix.

Bon, avec cette série, c’est simple : soit on aime l’écriture de Josh Lanyon et les aventures d’Adrien English, soit on ne les aime pas. Comme vous avez pu constater si vous avez lu notre critique du premier tome, Ombres Funestes, nous, on n’aime pas – on adore. À la fin de ce premier tome, nous avons laissé derrière nous le désinvolte trentenaire Adrien avec son inspecteur du LAPD, Jake Riordan, sans savoir si quelque chose allait se tramer entre eux en termes de relation amoureuse et charnelle, mais avec un fort sentiment (et beaucoup d’espoir) que tel serait le cas. Eh bien, nous entamons la lecture de ce tome n°2, et nous apprenons que les deux se sont beaucoup vus, certes. Leur relation n’a cependant pas du tout évolué. Jake, on se souvient, est un pince-sans-rire, bâti comme une armoire à glace, blond et séduisant, mais… reste désespérément coincé dans son placard. Une tentative de bisou a apparemment eu lieu en notre absence, mais elle n’a pas été concluante, tellement Jake a du mal à concevoir une relation avec un homme qui soit l’expression de sentiments plutôt que de pulsions sexuelles. Soit. Essayer de construire quelque chose avec un gay qui déteste d’être gay et joue à l’hétéro pur et dur – nous, franchement, on partirait au galop ; Adrien, lui, s’accroche. Jusqu’à ce qu’il en ait marre, de cette situation qui semble mener à rien. En plus, il n’avance pas d’un pouce dans l’écriture de son deuxième polar, alors il décide, sur un coup de tête, de prendre quelques affaires et de fuir Pasadena et la région de L.A. pour se réfugier à des centaines de kilomètres de là, dans les montagnes californiennes, dans le ranch qu’il a hérité de sa grand-mère paternelle.

En arrivant nuitamment sur place, sur quoi tombe-t-il ? Ben oui, Adrien ne serait pas Adrien s’il ne découvrait pas, au bout de quelques pages seulement, un cadavre. Bien sûr, il appelle la cavalerie, c’est-à-dire les flics du coin, mais quand ils se ramènent, le macchabée a disparu, et les deux shérifs du cru regardent notre héro d’un œil dubitatif (leurs chemins vont se recroiser encore plusieurs fois, sans qu’Adrien puisse s’en faire des amis, bien sûr). Par la suite, Adrien découvre que le bonhomme qu’il paie pour entretenir la propriété, Ted Harvey, est introuvable, mais qu’il a planté un champ de beuh derrière le ranch. Sympa. En plus, des archéologues squattent dans un coin reculé de la propriété, à la recherche d’une ancienne mine d’or disparue. Ils manquent de le tuer par un coup de fusil, croyant qu’il est un intrus illégitime, et brandissent une autorisation en bonne et due forme quand il leur demande des comptes. Sauf que cette autorisation est un faux, probablement forgé par le même Harvey pour se faire un peu d’argent de poche. Mais où diable est ce mec ? Dans la nuit, Adrien voit de la lumière dans le camping-car de ce dernier. Quand il va voir ce qui se passe, il se fait attaquer et assommer. Il se réveille avec la tête en citrouille à l’hôpital, avec, à ses côtés… Jake. Qui, bien sûr, ne le lâchera plus d’une semelle jusqu’à la fin du livre. Mais pour arriver au dernier paragraphe, nous passons encore par de multiples péripéties et retournements de situation. C’est mouvementé, c’est mignon car le rapprochement entre Adrien et Jake continue sur sa lancée (enfin ! a-t-on envie de soupirer), c’est bien rythmé et bien écrit, on ne s’ennuie pas une seconde.

Oui, ce deuxième tome nous ravit autant que le premier. L’intrigue est bien ficelée, un bon petit polar comme on les aime, sans trop de violence, trop de réalisme glauque, plutôt comme un bon vieux classique à l’Agatha Christie – ce que l’on appelle un « whodunnit » en anglais (on pourrait traduire cette phrase par « c’est qui qu’a fait tous ces crimes »). Puis, les personnages ! Un Adrien English toujours aussi vulnérable, mais têtu, fonçant sans trop réfléchir dans les situations les plus loufoques, et avec sa façon bien à lui d’énerver plus d’un avec ses remarques bien senties (et bien drôles, il faut le dire). Jake, le roc au cœur tendre que nous voyons tomber de plus en plus éperdument amoureux d’Adrien, à son corps défendant, et qui doit trouver un moyen d’assumer qui il est vraiment et ce qu’il veut de cette relation brinquebalante qu’il entretient avec Adrien. Les shérifs du cru sont un grand moment aussi, bourrus, étroits d’esprit, sans aucune imagination. L’écriture est vive, mais sans trop de fioritures, des phrases simples et justes, des dialogues savoureuses, le tout fluide et rédigé en apparence sans effort. Du coup, ça se lit d’une traite, sans effort de la part du lecteur aussi, et c’est très plaisant. On rigole, on est tenu en haleine, on souffre avec Adrien, on souffre avec Jake (on les aime bien, ces deux-là, malgré leurs failles et leurs défauts). Vraiment, ce deuxième tome est presque encore meilleur que le premier, et nous avons hâte de découvrir – et de vous faire découvrir – la suite, qui sera bientôt discuté sur ce site. Amis de polars gay sans prise de tête – foncez-y !

Amazon Page auteur Sur Babelio Livraddict

Exemplaire lu

Nous avons acheté un exemplaire de Danger à Pine Shadow.

Toute la série Adrien English

Auteur

Né au début des années 70, j’ai grandi dans un petit village en Autriche. À 18 ans, j’ai migré à Vienne pour faire mon master en sciences politiques, français et espagnol. Aujourd’hui, je vis à Paris avec mon copain et travaille comme graphiste. Pendant mon temps libre, j’écris, je lis, je mitonne de bons petits plats, je prends des photos et je pars en voyage dès que je peux (en Italie, au Portugal, au Maroc, en Égypte, au Royaume-Uni et autres). Mes goûts littéraires sont éclectiques, allant de romans fantastiques et polars en passant par des romances gay jusqu’aux romans dystopiques. Mais je ne dirai pas non à un recueil de poésie ou un bon livre sur l’histoire non plus. Je suis plutôt le genre à porter un sweatshirt à capuche, une paire de jeans et des baskets qu’un costume et une cravate. À ce jour, j’ai publié plusieurs collections de nouvelles et de poèmes en anglais. Mon premier roman policier « Le cercueil farci », dans lequel je présente Damien Drechsler et le fringant étudiant Nikos, est paru en décembre 2018. Les versions anglaise et allemande sont également disponibles. Actuellement, je travaille sur la suite des aventures de Damien Drechsler. Sous mon pseudonymé "ParisDude", j’écris des critiques littéraires sur ce site, mais également en anglais sur le site "Gay Book Reviews". Plus d'informations sur mon site http://www.dietermoitzi.com

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :