Un mariage à la mode (de ParisDude)

Titre : Un mariage à la mode
Auteur : Joe Keenan
Publié par : 10-18 (version poche)
Publié le : février 1997
Genre(s): Comédie
Pages : 363
Lu par : ParisDude
Sensualité : 0 flammes sur 5
Note : 4.50 étoiles sur 5

Synopsis

« Plus sûrement que l’amanite tue-mouches, « Un mariage à la mode » sèmera la terreur chez les belles-mères. Ce premier roman narre le désopilant mariage blanc concocté par un jeune romancier homosexuel et une petite garce new-yorkaise afin de soutirer un pactole aux quidams richissimes avec lesquels leurs mères viennent de se remarier – respectivement un lord anglais et un parrain de la Mafia. Joe Keenan, parolier renommé à Broadway, a retenu de la comédie musicale le sens du racket, le goût pour des répliques au curare, l’alacrité du quiproquo. Cosa nostra et Earl grey, cette fantaisie pour pique-assiettes, jalonnée d’hommages à P. G. Wodehouse et de massacres au minestrone, ressuscite cet art de librettiste déchaîné qui endiablait autrefois les scénarios de Billy Wilder. » (Quatrième de couverture)

Si vous cherchez un vaudeville extra-queer, vraiment loufoque et drôle à souhait, ceci est le livre à lire. Moi, j’ai souri souvent, pouffé encore plus souvent, voire carrément ri comme un con. L’auteur, Joe Keenan, est un scénariste à la base (il a collaboré, entre autres, aux Desperate Housewives) ; il sait donc comment construire une histoire et comment la rendre peut-être pas crédible mais au moins cohérente. Attention, tout est gros dans ce roman, tout est exagéré, tout est grotesque, que ce soient les personnages, les imbroglios ou les situations. Mais on s’y prend rapidement, et au bout de quelques pages seulement, on s’amuse tellement que l’on ne cherche même plus une quelconque vraisemblance dans l’histoire.

Alors, les personnages. D’abord, Gilbert Selwyn et Moira Finch. Ces deux-là ne peuvent pas se blairer, mais ils ont deux choses en commun : leur aversion pour le travail honnête et leurs familles recomposées. Et c’est là que leurs grands esprits se rencontrent : ils annoncent qu’ils vont se marier. En fait, Gilbert s’est récemment rendu au mariage d’un cousin, où il a réalisé que la famille de son richissime beau-père, normalement si pingre, se montre extrêmement généreuse pour les futurs mariés. Étant donné que le beau-père de Moira, le duc de Dorsetshire, est également riche, Gilbert estime que lui et Moira pourraient gagner 100 000 $ chacun en se mariant, en vivant ensemble pendant un intervalle décent, puis en divorçant.

Problème : Gilbert est pédé comme un phoque. Et nombreux sont ceux qui peuvent en témoigner. Pour que le plan fonctionne, Gilbert doit donc trouver quelqu’un qui jure que son homosexualité n’était « qu’une phase ». Il jette son dévolu sur Philip Cavanaugh, son meilleur ami, ancien amant et un auteur-compositeur en herbe. C’est d’ailleurs Philip qui est le narrateur de toute l’histoire. Au début, Phillip refuse net de participer à ce plan voué à l’échec – il a déjà subi les conséquences désastreuses des super-plans de Gilbert de par le passé – mais quand Gilbert lui offre une part du butin, il accepte en devenant le témoin de Gilbert.

Mais il y a tout de suite un nouveau problème : la mère de Moira, la duchesse donc, annonce au téléphone à sa fille qu’elle n’a pas assez de liquidités pour payer le mariage. Elle demande donc à Moira de payer elle-même en se servant de son fonds en fidéicommis. Seulement, Moira a déjà incité son banquier, Winslow, à détourner ces fonds, et ça fait belle lurette qu’elle a ainsi éclaté tout son héritage dans plusieurs projets de placement loufoques. Elle propose rapidement un nouveau plan : convaincre le fameux beau-père de Gilbert, Tony Cellini, d’avancer l’argent pour le mariage, avec la « promesse » que la duchesse remboursera les dépenses de Moira. Aussitôt dit, aussitôt fait. Et là, ça se corse (encore). Pendant un déjeuner avec la mère de Gilbert, une femme vive mais extrêmement naïve, Phillip entend parler des mystérieux va-et-vient de beau-papa Tony Cellini et du nombre étonnamment élevé de morts « accidentelles » dans sa famille. Phillip soupçonne tout de suite que les futurs beaux-parents (et victimes) de Gilbert et Moira sont donc… des mafiosi. Ce qui le rend quelque peu nerveux, quand même. Autant Gilbert que Moira trouvent la notion absurde, autant Phillip craque et confie tout à son partenaire compositeur, l’intelligente Claire Simmons.

Bon, on devine déjà où ça nous mène. La belle-famille de Gilbert est en effet « du milieu », donc pas des rigolos. Claire, la seule à garder la tête froide pendant tout le roman, n’arrive pas à bien canaliser les autres. Moira est une véritable manipulatrice et menteuse, donc sa mère, la duchesse… existe peut-être uniquement dans son imagination. De fil en aiguille, de situation comique en situation comique, les deux compères Philip et Gilbert s’embarquent dans des impasses de plus en plus incroyables, et quand la tension arrive à un de ses apogées, ils ne trouvent rien de mieux que… de coucher ensemble. Ce qu’un ennemi de Philip réussit à prendre en photo ! Alors, imaginez la crise hystérique et la crise de rire pour le lecteur !

Franchement, ce livre est pour moi un classique du genre, une comédie burlesque digne d’un scénariste des années 40, avec des dialogues savoureuses (j’ai pensé notamment aux fameux The Women de George Cukor, qui est un vrai diamant) et du genre plus gay tu meurs. Le livre peut être trouvé dans des librairies, ou alors d’occasion sur amazon. Dommage, une réédition ne serait pas du luxe. Parce que rire comme ça, qu’est-ce que ça fait du bien !

Amazon Page auteur Sur Babelio Livraddict

Exemplaire lu

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Auteur

Né au début des années 70, j’ai grandi dans un petit village en Autriche. À 18 ans, j’ai migré à Vienne pour faire mon master en sciences politiques, français et espagnol. Aujourd’hui, je vis à Paris avec mon copain et travaille comme graphiste. Pendant mon temps libre, j’écris, je lis, je mitonne de bons petits plats, je prends des photos et je pars en voyage dès que je peux (en Italie, au Portugal, au Maroc, en Égypte, au Royaume-Uni et autres). Mes goûts littéraires sont éclectiques, allant de romans fantastiques et polars en passant par des romances gay jusqu’aux romans dystopiques. Mais je ne dirai pas non à un recueil de poésie ou un bon livre sur l’histoire non plus. Je suis plutôt le genre à porter un sweatshirt à capuche, une paire de jeans et des baskets qu’un costume et une cravate. À ce jour, j’ai publié plusieurs collections de nouvelles et de poèmes en anglais. Mon premier roman policier « Le cercueil farci », dans lequel je présente Damien Drechsler et le fringant étudiant Nikos, est paru en décembre 2018. Les versions anglaise et allemande sont également disponibles. Actuellement, je travaille sur la suite des aventures de Damien Drechsler. Sous mon pseudonymé "ParisDude", j’écris des critiques littéraires sur ce site, mais également en anglais sur le site "Gay Book Reviews". Plus d'informations sur mon site http://www.dietermoitzi.com

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