
Introduction
Notre ami•e Dominique nous a fait encore un joli retour , et nous ne boudons pas notre plaisir de le partager avec vous.
Synopsis
Tu es né pour voir, me dit l’ange.
Tu vois le jour, sa clôture de nuit et
Les champs du levant où pousse la lumière.
Tu es le voyant, le poète.
Témoigne de ce que tu as vu,
Redonne ce que tu as reçu,
Compose ta louange.
N’écris pas sur la vie mais depuis la vie.
Imagine une autre langue et
Célèbre la beauté sans raison,
Chante l’amour sans condition,
Rends grâce à la vie sans fin.
Consens à tout redonner, à tout perdre et
Au sommet de ta vie,
À l’apparition du pont d’or,
Tu rejoindras les infinis,
La poésie, le feu, le ciel,
L’amour fou, me promet l’ange.
Notre avis
Comme il est difficile pour moi de poser mes mots sur les mots exceptionnels de Jean-Christophe Galiègue, à commencer par ce titre, Tremblements de ciel, qui nous emmène loin à travers une couverture que je trouve merveilleuse. Aussi vais-je plutôt citer l’auteur, abondamment…
Un texte saupoudré de poésie, dont chaque phrase est un trésor que l’on voudrait conserver pour soi, dont on voudrait se souvenir : « Nous marchons en la vie comme dans un labyrinthe et cherchons le passage secret de notre existence. »
Des mots qui vous invitent, qui vous guident en montrant une voix, un chemin ou un autre ou un autre encore. Jean-Christophe ne raconte pas, il ressent et nous fait ressentir. Une façon d’écrire et d’être, une élégance, une grâce, simplement rares : « La neige fond comme un rêve impossible. »
Des phrases comme des fulgurances : « Un jour sans soleil ni lune, je pris tous les mots qui voulaient naître et sautai dans le ciel de l’écriture. »
Des opposés qui se rejoignent et se confondent : « Maintenant, je le sais, l’ombre et la lumière sont inséparables, elles courent main dans la main dans le juste »
Et la musique bien sûr, souvent présente dans les œuvres de l’auteur, avec cette phrase que j’ai particulièrement aimée : « Les gouttes de pluie prises dans les rayons du soleil écrivent une partition de musique que les oiseaux déchiffrent. »
Tous ces livres de Jean Christophe, que j’ai lus et relus tant et tant, se regroupent sous sa plume en une simple phrase à la page 52 : « ‘Nos âmes pures’ connaissent blessures sur blessures. C’est l’enfant qui forge l’armure de l’adulte, qui lui greffe ‘un cœur indestructible’. Pour sauver les innocents, j’ai écrit, j’ai tout caché dans ‘des châteaux d’oubli’. Le temps déchire les nuages, éteint les soleils. La vie l’emporte par éclats, par ‘tremblements de ciel’. La poésie sauvera le monde. Sauvons la poésie. »
Cette œuvre est un hymne à la vie, aussi et peut-être surtout : « Sur le brasier du monde, le poète jette des torrents de vie. » Et de ses mots si beaux, Jean-Christophe Galiègue pose sur nos cœurs des torrents d’espoir. Elle a été très justement récompensée par le Prix International du Roman Gay dans la catégorie Recueil de poésie.
Extrait, page 35 :
« Courbé sous le poids dément du monde, j’avance. Quand je parle de beauté, je ne pense pas à un crépuscule dans le désert, ni à l’ascension d’une haute montagne. Je n’ai pas fait l’expérience de ces beautés, mais ne doute pas qu’elles m’émerveillent aussi. Je parle de la vie ordinaire, immense et passagère. La plus secourable. Elle n’est pas au bout du monde mais ici et maintenant, mêlée à nos jours simples, à nos heures perdues et mendiantes. Je parle d’un continent toujours neuf. Je pense au vent sur les blés, au parfum des lilas, à la neige toujours blanche. La vie simple va son chemin, libre, fuyante, indocile. Elle vient nous combler quand nous n’appelons aucune aide. Elle plonge au cœur de nos solitudes et vient déchirer le voile qui nous sépare de l’essentiel. Nous la vivons quand de regard en regard, d’épure en épure, un ravissement nous emporte et nous rassemble. Quand soudain l’instant nous donne une longueur d’avance sur le temps qui passe. »
Extrait, page 64 :
« Je me souviens de toi, petit moineau, tu volais insouciant et tu t’es retrouvé dans ma maison. Tu te heurtais aux murs et aux plafonds, tu n’y comprenais rien. Tu t’es blotti dans un coin. Tu tremblais de tout ton être privé de ciel. Je t’ai pris dans mes mains. J’ai vu dans tes yeux paniqués des palais de brindilles et des fêtes au soleil. Quand j’ai ouvert mes mains au milieu de l’air, tu as filé vers ton paradis bleu. Seule l’écriture pouvait garder mémoire du seul croisement de nos vies. »
Infos
Auteur : Jean-Christophe Galiègue
Titre : Tremblements de ciel
Publié par : 5 sens éditions
Publié le : 12 février 2025
Genre(s) : Poésie
Pages : 174
Disponible en : Broché & ebook
Lu par : Dominique Faure
Note
5 étoiles sur 5
À propos de l’auteur
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