My Last Dance with Auntie Brie (de ParisDude)

Titre : My Last Dance with Auntie Brie
Auteur : Ron Naples
Publié par : MLR Press
Publié le : 19 avril 2019
Genre(s): Coming-out
Pages : 89 000 mots
Lu par : ParisDude
Lu en VO : Anglais (américain)
Sensualité : 2 flammes sur 5
Note : 4.80 étoiles sur 5

Synopsis

“My Last Dance with Auntie Brie”, Ron Naples’ debut novel, is a fictional story based on his coming out experiences in the ’70s. It is a vivid translation of a time when closet doors were nailed shut, but more than a vicissitude, it is also a peek back at the madness of the Disco Era.

Raised an Italian Catholic, Ron escapes his disciplinary family life when he’s introduced to his first gay bar. There he meets Auntie Brie, a drag queen who shapes his destiny. His impending dream of becoming a professional musician is shattered when he is seduced into the gay party arena.

Feel the reverberations of the disco beat as Auntie Brie seduces you on the dance floor. Revisit some of the infamous clubs of the day including NYC’s Studio 54 and escape to the Cape on a summer vacation gone wild with one of Ptown’s most prolific houseboys.

His familiar tour de force reaches even farther with his insight and questions surrounding gay culture. It delineates a 70’s puritan society filled with fear and ignorance which ignited The 1979 March on Washington for Gay and Lesbian Rights to end violence and discrimination based on gender identity and sexual orientation.

“My Last Dance with Auntie Brie” defines an entire gay generation who succumbed to the hedonistic lifestyle of that time which has now become legendary. It carries the universal message of unconditional love and acceptance; we all need somebody to love us just the way we are.

L’essentiel d’abord : j’ai vraiment beaucoup aimé ce livre. C’est un roman convaincant sur le coming-out ainsi que sur le chemin qui mène à la première maturité ; un manifeste historique, une sorte de mémoires romancées (en tout cas, j’ai cru comprendre que c’était romancé) retraçant les expériences de l’auteur. Oui, à certains endroits, le livre sonne plus comme des mémoires que comme un roman, mais j’avais quand même généralement l’impression agréable que Ron Naples n’avait pas tellement envie de nous parler de ses expériences de jeunesse avec exactitude, mais plutôt de nous faire vivre des épisodes marquants et de nous faire comprendre l’époque qu’il décrit. Et ça, ça peut seulement se faire avec les outils et les techniques du roman, lesquels il semble maîtriser très bien.

Le roman est raconté par un narrateur à la première personne : Ronaldo « Ron » Giuseppe Napolitano. Au début, il est encore un jeune lycéen du Connecticut. Son meilleur ami Derek, qui est gay de toute évidence, l’emmène au Warehouse, une discothèque gay pas loin de la petite ville où ils habitent avec leurs parents. Il y croise pour la première fois la culture gay des années 70 avec sa musique disco, le poppers et bien sûr les drag-queens. L’une d’entre elles, Brianna ou Auntie Brie (Tatie Brie), nous accompagnera tout au long du livre. Nous suivons les premiers pas de Ron dans ce nouveau microcosme passionnant, excitant et séduisant. Sa première drague et l’expérience sexuelle qui s’ensuit sont un désastre majeur car il se fait plus ou moins violer par un homme plus âgé. Ça le plonge dans une abîme de honte et d’auto-répulsion qu’il essaie de conjuguer en confessant son acte au prêtre local… qui lui rétorque qu’il est « une abomination » (hélas, l’homme ne fait que citer la Bible, soit dit en passant).

Comme il étouffe dans sa petite ville, Ron est soulagé quand il est accepté au Berklee College of Music de Boston (il rêve de devenir un batteur célèbre). Il a le béguin pour un garçon avec lequel il se lie d’amitié, puis commence une relation avec Nikki, l’ex-petite amie de ce garçon, et continue parallèlement à explorer la vie gay avec Derek chaque fois qu’ils retournent chez leurs parents. Il y entame une liaison cachée avec un avocat, mais ces deux relations parallèles prennent fin lorsque l’avocat et Nikki apprennent chacun(e) l’existence de l’autre. Au cours des semaines qui suivent, Ron s’engage dans le mouvement des droits civiques et de lutte pour les droits des LGBT. Il accepte enfin de reconnaître qu’il est gay et s’adonne de plus en plus à son nouveau style de vie. Il y encore plein d’autres rebondissements dans sa vie : il danse, il fait des rencontres occasionnelles, des rencontres sérieuses aussi (ne passez pas à côté de son histoire avec Mitch !), il fait enfin son coming-out auprès de ses parents. L’apprentissage et le chemin vers la maturité sont sinueux, avec des hauts et des bas majeurs, des moments de pur bonheur, des moments de drame, des moments aussi où je pouffais de rire (le conseil d’une drag-queen quand il vient de rompre avec un mec : « The best way to get over one man is to get under another! », ou en français : « Le meilleur moyen de surmonter un mec, c’est de se mettre sous un autre mec !« »). Quelques années plus tard, il se retrouve en Californie, un homme plus sage, plus réfléchi, capable enfin de nouer une relation nourrie et suivie.

On pourrait se demander si Ron Naples a vraiment vécu toutes les expériences que l’on lit dans ce livre. Mais question complémentaire : est-ce que c’est vraiment important pour nous, les lecteurs ? Car le récit est fascinant, quoi qu’il arrive ; un voyage dans le passé pour ceux qui ont vécu à cette époque insouciante d’avant le VIH, époque quand que la culture gay a commencé à se développer ; un rappel utile, voire nécessaire, de l’histoire de notre communauté pour ceux qui, comme moi, sont nés plus tard. J’ai presque été incapable de refermer le roman, le dévorant sans m’arrêter. Une histoire percutante qui nous raconte comment tout a commencé, presque aussi captivante que le classique Like People in History de Felix Picano (titre français : Nous étions l’histoire en marche). Je me moque de savoir si le Ron du roman équivaut au Ron réel ; le personnage principal du roman est quelqu’un qui vit, respire, a mal, un personnage de la vie réelle. Il sonne vrai, il pense, agit et réagit d’une manière que je peux facilement comprendre. Il est souvent extrêmement énervant aussi ; oh oui, il peut se montrer auto-satisfait et suffisant, peut faire éclater des colères égocentrées, et certaines de ses actions et réactions sont dépourvues de toute empathie. Ça m’a simplement rappelé comment j’étais, moi, à cet âge-là, lorsque j’ai découvert (ou plutôt accepté) que j’étais gay et que je commençais à me plonger dans la vie nocturne gay de mon époque et de ma ville, pensant que c’était tout ce qu’il y avait à vivre, que rien d’autre n’était important que moi. C’est le point majeur qui m’a vraiment fait accrocher : je me voyais dans Ron, malgré toutes les différences qui nous séparent (l’époque, les lieux, les expériences concrètes). Pas d’intrigue tiède, farfelue ou prévisible dans ce livre ; il vous attire par son récit crédible.

Un peu plus d’effort aurait pu être mis dans la relecture (temps, virgules, espaces mal placées, mots manquants). J’espère vraiment que les exemplaires du livre électronique en vente ont été corrigés, car la mise en forme de l’exemplaire préliminaire que j’ai reçu était complètement chaotique. Il y avait des sauts de ligne forcés qui, par malchance, ne correspondaient pas au flux naturel du texte, même lorsque j’ai essayé de changer la taille de la police. Ça se lisait donc comme un poème en prose. Et ça, c’est extrêmement agaçant quand on n’est justement pas en train de lire un poème en prose. Heureusement que l’histoire est si intéressante et la voix du conteur si forte et convaincante ; sinon, je n’aurais pas accepté de poursuivre ma lecture après les premières pages.

Amazon Page auteur Sur Goodreads

Exemplaire lu

Un exemplaire gratuit de My Last Dance with Auntie Brie nous a été fourni par l’éditeur en VO, en échange d’une critique sincère. Cette fiche de lecture a été publiée en anglais sur le site Gay Book Reviews.

Auteur

Né au début des années 70, j’ai grandi dans un petit village en Autriche. À 18 ans, j’ai migré à Vienne pour faire mon master en sciences politiques, français et espagnol. Aujourd’hui, je vis à Paris avec mon copain et travaille comme graphiste. Pendant mon temps libre, j’écris, je lis, je mitonne de bons petits plats, je prends des photos et je pars en voyage dès que je peux (en Italie, au Portugal, au Maroc, en Égypte, au Royaume-Uni et autres). Mes goûts littéraires sont éclectiques, allant de romans fantastiques et polars en passant par des romances gay jusqu’aux romans dystopiques. Mais je ne dirai pas non à un recueil de poésie ou un bon livre sur l’histoire non plus. Je suis plutôt le genre à porter un sweatshirt à capuche, une paire de jeans et des baskets qu’un costume et une cravate. À ce jour, j’ai publié plusieurs collections de nouvelles et de poèmes en anglais. Mon premier roman policier « Le cercueil farci », dans lequel je présente Damien Drechsler et le fringant étudiant Nikos, est paru en décembre 2018. Les versions anglaise et allemande sont également disponibles. Actuellement, je travaille sur la suite des aventures de Damien Drechsler. Sous mon pseudonymé "ParisDude", j’écris des critiques littéraires sur ce site, mais également en anglais sur le site "Gay Book Reviews". Plus d'informations sur mon site http://www.dietermoitzi.com

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